Troisième point :
On dira : les phénomènes extraordinaires se divisent en trois catégories. La première concerne l’autonomie à l’égard des besoins corporels ; la deuxième relève d’un savoir qui dépasse les facultés humaines ; la troisième touche à des pouvoirs qui excèdent la capacité de l’homme. C’est à ce propos que Noé – le premier Messager qu’Allah envoya aux habitants de la terre – déclara : « Je ne vous dis pas que je possède les trésors d’Allah, je ne connais pas l’Inconnaissable, et je ne prétends pas être un ange. » De même, Allah – Très-Haut – ordonna au Sceau des messagers : « Dis : Je ne vous dis pas que je possède les trésors d’Allah ; je ne connais pas l’Inconnaissable ; et je ne dis pas que je suis un ange. »
Ainsi, l’autonomie vise le fait de subsister un certain temps sans manger ni boire ; le savoir concerne l’annonce de réalités occultes ; et la puissance renvoie aux actes pénibles accomplis par le corps et à la maîtrise des éléments – métamorphoses, séismes, etc. Or, les partisans dont il est ici question n’ont proposé une cause que pour des faits de cet ordre. Quant au bâton changé en serpent vivant, à la chamelle surgie de la roche et à leurs semblables, ils reconnaissent que cela dépasse toute possibilité et qu’ils ne sauraient en attribuer la cause aux forces de l’âme.
Quatrième point :
On fera encore observer que le genre d’effets qu’ils assignent aux forces psychiques exerce, selon eux, une influence ; mais ils n’osent pas prétendre que cette influence puisse aller jusqu’à faire déferler les eaux du Déluge qui engloutirent les habitants de la terre, ni à déchaîner le vent stérile, sept nuits et huit jours durant, qui extermina le peuple de ʿÂd, ni à déraciner les cités du peuple de Loth pour les retourner de sorte que périsse chacun d’entre eux