Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

À l’inverse, le clivage de la mer en douze passages, chaque passage se dressant tel un mont imposant ; la transformation du bâton en un serpent vivant ; la descente de la manne et des cailles ; l’éruption de douze sources jaillissant de la roche ; l’eau jaillissant d’entre les doigts ; la multiplication de la nourriture et de la boisson au point de rassasier un nombre de personnes plusieurs fois supérieur à celui qu’elle aurait nourri d’ordinaire ; l’arrachage d’un arbre puis son retour, fermement enraciné, à sa place : tous ces phénomènes et ceux qui leur ressemblent ne procèdent d’aucune cause habituelle. Ils constituent des violations authentiques de l’ordre naturel, à la différence de ce qui ne dépasse la norme que par son degré et non par son genre.

Or, cette seconde catégorie d’événements, ils en nient l’existence même dans le monde, que ce soit par les forces de l’âme ou par tout autre moyen. Pourtant, la connaissance de tels faits – acquise soit par observation directe, soit par des récits véridiques – suffit à ruiner leur principe. C’est donc un point que tout esprit avisé doit méditer : la part d’extraordinaire pour laquelle ils avancent une cause appartient en réalité au domaine du phénomène ordinaire, et non à celui des véritables miracles. De ce fait, ils en viennent à rejeter tout le genre des prodiges ; tel est leur fondement corrompu, dont la fausseté se prouve par de nombreux arguments.

Toutefois, Ibn Sînâ adopta une méthode par laquelle il voulut concilier leurs principes viciés avec l’adhésion à une forme de singularités, classant les karâmât et les miracles dans cette même catégorie. Or, la sorcellerie relève des phénomènes coutumiers, tout comme les causes qui entraînent la maladie ou la mort, bien qu’il existe en son sein des choses qui contreviennent à la coutume et à la nature ; mais on sait qu’elles adviennent par l’entremise des démons et qu’elles s’accompagnent toujours de signes attestant mensonge et dépravation. Elle ne saurait donc ressembler aux karâmât des pieux, à plus forte raison aux miracles des prophètes. Une étude détaillée de ce sujet se trouve ailleurs ; l’intention ici est uniquement de démontrer la fausseté de ceux qui ramènent les miracles à de simples forces psychiques.

بخلاف انفلاق البحر اثنى عشر فرقا كل فرق كالطود العظيم وانقلاب العصا حية ونزول المن والسلوى وانفجار اثنتي عشرة عينا من الحجارة ومثل نبع الماء من بين الأصابع وتكثير الطعام والشراب حتى يكفي أضعاف من كان يكفيه وانقلاع الشجرة ثم عودها إلى مكانها ثابتة فهذه الأمور وأمثالها لا يصدر جنسها عن سبب معتاد فهذه خارقة للعادة بخلاف ما يكون خارقا للعادة في قدره لا في جنسه وهذا الجنس هم يمنعون حصوله في العالم لا بقوي نفس ولا غيرها والعلم بحصول مثل ذلك إما بالمعاينة وإما بالأخبار الصادقة يبين فساد أصلهم وهذا مما ينبغي للعاقل أن يتدبره فإن القدر الذي بينوا سببه من الغرائب ليس من جنس خوارق العادات بل هو من جنس الأمور المعتادة وعلى هذا فيكونون منكرين لجنس الخوارق وهذا هو أصلهم الفاسد الذي يعلم فساده بدلائل كثيرة ولكن ابن سينا سلك طريقة أراد أن يجمع فيها بين أصولهم الفاسدة وبين التصديق بنوع من الغرائب وأن يجعل الكرامات والمعجزات من هذا النمط فإن السحر هو من الأمور المعتادة كالأسباب التي يحصل بها المرض والموت ونحو ذلك ومنه أمور تخالف العادة والطبيعة ولكن هو مما اعتيد أنه يحصل بالشياطين لكن مقرونا بما يدل على كذبه وفجوره فلا يشبه كرامات الصالحين فضلا عن المعجزات والكلام على هذا مبسوط في غير هذا الموضع والمقصود هنا بيان فساد قول من جعل المعجزات قوى نفسانية

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