et la descente de la Table, chargée de pain, de poisson, d’olives et d’autres mets semblables. Il est pourtant manifeste qu’un tel fait ne prouve en aucune façon — et sans l’ombre d’un doute — la nature exacte de cette potentialité ; pourquoi donc affirmez-vous qu’il en est effectivement ainsi ? Leur propos à ce sujet ressemble à leur manière d’attribuer toutes les formes d’épilepsie au seul mélange mélancolique ou phlegmatique : une telle explication ne pourrait tenir que si les djinns n’existaient pas. Or les médecins ne disposent d’aucune preuve ni, dans l’exercice de leur art, d’aucune donnée qui permette de nier l’existence des djinns. Les anciens médecins, tel Hippocrate et d’autres, la reconnaissaient d’ailleurs, tout en disant que leur science ne contient rien qui établisse l’existence des djinns. Or l’absence de connaissance n’est pas connaissance de l’inexistence, et l’absence de preuve n’est pas preuve de la non-existence de ce qu’elle devrait établir ; l’absence d’un indice particulier n’implique pas nécessairement que la chose soit inexistante. Que dire alors lorsqu’il est établi, par de nombreux arguments, que les djinns peuvent bel et bien terrasser ou posséder l’être humain ! C’est ce qu’évoqua ʿAbd Allâh ibn Aḥmad ibn Ḥanbal : « J’ai dit à mon père : “Les médecins prétendent que le djinn n’entre pas dans le corps de l’homme.” Il répondit : “Ô mon fils, ils mentent ; le voilà qui parle par sa propre langue.” »