ou bien il rechercha la guérison, et ils furent guéris ; ou il invoqua contre eux, et la terre les engloutit, ils furent ébranlés, ou encore ils périrent d’une autre manière ; ou il invoqua en leur faveur, et la peste, la mortalité, la crue ou le déluge furent détournés d’eux. Il se peut aussi qu’un fauve se soit incliné devant l’un d’eux, qu’un oiseau ne se soit pas enfui de lui, ou qu’il se produise d’autres faits similaires qui ne relèvent pas clairement de l’impossibilité manifeste. Suspends donc ton jugement et ne te hâte pas, car de telles choses ont des causes relevant des secrets de la nature ; il se pourrait même que je t’en expose quelques-unes.
Il ajouta ensuite que la cause en pouvait être la puissance de l’âme : si celle-ci peut agir sur son propre corps, il est concevable qu’elle agisse aussi sur ce qui lui est extérieur.
Il est manifeste toutefois que ce qu’ils relatent n’apporte pas la certitude quant à leur thèse ; tout au plus en établit-il la possibilité et la recevabilité. En effet, l’on pourrait dire : si l’homme peut voir en rêve des indications concernant des réalités absentes, il devient alors concevable que la connaissance de toutes les réalités occultes procède de cette même voie. De même, si l’âme peut influer sur son propre corps ou sur un objet minime, elle peut tout aussi bien influer sur l’ensemble de l’air, de l’eau, de la terre et du feu. Et si l’âme peut se renforcer pour accomplir certains actes, elle peut également se renforcer au point de voler dans les airs, de marcher sur l’eau, de renverser les cités du peuple de Lôṭ, de fendre la mer, de faire descendre la manne et la caille, de faire jaillir douze sources d’un rocher, de transformer un bâton en serpent, et de faire surgir les poux et les grenouilles.