De plus, ces auteurs soutiennent que ce qui rend possibles les phénomènes extraordinaires relève soit de forces psychiques, soit de forces corporelles. Lorsque ces forces sont corporelles, elles sont, selon eux, de deux sortes : corporelles élémentaires ou corporelles célestes. Les phénomènes extraordinaires produits par les influences psychiques comptent, à leurs yeux, parmi les miracles, les karâmât et les actes de sorcellerie ; ceux qui proviennent des forces élémentaires – comme l’attraction de l’aimant – relèvent des nîrangiyyât ; ceux qui émanent des forces célestes constituent les talismans. Les forces célestes n’exercent toutefois un effet extraordinaire qu’en s’alliant soit à des forces élémentaires réceptives, soit à des forces psychiques terrestres agissantes ; c’est précisément ce que l’on appelle les talismans.
Parmi ceux qui ont le plus affirmé l’existence des phénomènes extraordinaires figure Ibn Sînā. Il a ramené les causes de ces phénomènes à quatre points :
- S’agissant de la faculté de se passer de nourriture durant un temps donné, il explique que l’âme, absorbée par ce qui se présente à elle – connaissance, amour, crainte et autres états –, ne ressent plus la faim, du fait que les facultés digestives se trouvent détournées de la décomposition des aliments ;
- Quant à la possibilité d’accomplir des actes pénibles, lorsque le connaissant peut réaliser une action ou un mouvement qui dépasse la capacité de quelqu’un de sa condition, cela s’explique par le fait que, lorsqu’elle est saisie par la colère, la joie ou une ivresse modérée, ou encore par des états similaires, l’âme acquiert une force qu’elle ne possédait pas auparavant ; il en va de même lorsqu’elle reçoit des états propres aux gnostiques qui la fortifient ;
- Concernant la faculté d’annoncer les choses occultes, son exposé consiste à dire que