Ces mouvements se ramènent donc à trois catégories : coercitif, naturel et volontaire. La raison de cette limitation est la suivante : le principe d’un mouvement provient soit du mobile lui-même, soit d’une cause extérieure. Si un corps ne peut se mouvoir qu’en vertu d’une cause qui lui est extérieure – tel un caillou que l’on fait monter vers le haut –, ce mouvement est dit coercitif. S’il trouve son principe en lui-même, le mobile jouit ou non d’une perception ; s’il en jouit, le mouvement est volontaire, sinon il est naturel.
Quant au mouvement naturel dans les éléments, il ne se produit que lorsqu’un corps sort de son centre naturel ; ainsi, la terre, lorsqu’elle se tient en son centre, n’a pas, par nature, de mouvement propre. Les êtres composés à partir des éléments ne se meuvent donc qu’à la suite d’un agent contraignant qui force les éléments à mouvoir certaines de leurs parties vers d’autres.
Or, puisque les mouvements naturels comme les mouvements coercitifs requièrent l’action d’un moteur externe, on établit que la racine de tous les mouvements est la volonté. Il en découle que le principe de tous les mouvements, dans le monde supérieur comme dans le monde inférieur, est la volonté.
Partant, si le Seigneur est Celui qui met tout en mouvement sans intermédiaire, cela prouve qu’Il est un Agent doué de libre choix ; la doctrine qu’ils professent se trouve dès lors réfutée, et l’apparition des miracles par Sa seule volonté, sans cause intermédiaire, devient chose admissible. Et s’Il met les choses en mouvement par l’entremise d’autres volontés, ces volontés sont les anges.
Par de nombreux arguments, il est établi qu’Allah crée les choses au moyen de causes ; l’on sait donc que les anges constituent les intermédiaires dans ce qu’Allah – Exalté soit-Il – crée, selon Ses paroles : « Par ceux qui administrent l’ordre » et « par ceux qui répartissent le commandement ». Dès lors que l’existence de ces êtres est reconnue, il devient possible que les événements surviennent par leur biais, et se trouve ainsi ruiné l’avis de ceux qui prétendent qu’il n’existe d’autre cause que les trois évoquées plus haut.