ainsi que des quatre éléments et des sphères célestes, et que des prodiges émanent fréquemment de leur part : comment donc prétendre que les causes des phénomènes extraordinaires se réduisent aux trois seules précédemment évoquées ? Il apparaît ainsi que celui qui ramène la sorcellerie à de simples forces psychiques se trouve parmi les gens les plus ignorants et les plus égarés ; et celui qui tient le même propos à propos des miracles est bien plus ignorant et égaré encore.
Par ailleurs, ces gens-là – qu’ils affirment l’éternité du monde ou sa création dans le temps ; qu’ils soutiennent, dans le cas de la création, la permanence de l’action du Seigneur ou son renouvellement après qu’elle n’était pas ; et qu’ils admettent, tout en déclarant le monde éternel, l’existence ou non d’une cause créatrice – ne disposent d’aucun argument pour nier l’existence de réalités dont ils n’ont pas connaissance, qu’il s’agisse de sphères supplémentaires ou d’esprits supérieurs et inférieurs.
Ils reconnaissent expressément ne posséder aucune preuve que les sphères célestes se limitent à neuf ; ils n’affirment que ce qu’ils estiment établi par la démonstration, sans disposer d’argument pour exclure qu’il en existe davantage. Or, si déjà, au sujet des sphères – qui relèvent pourtant de la perception sensible, et dont le nombre est déduit par l’occultation réciproque des astres, par la diversité des mouvements des sept planètes, et par d’autres indices encore – ils demeurent incapables d’en exclure l’augmentation, à plus forte raison sont-ils impuissants à le faire dans des domaines moins perceptibles.
Dès lors, ils ne possèdent aucun argument pour nier l’existence d’anges en nombre bien supérieur à celui des dix « intellects », ni pour nier l’existence d’anges qui, par ordre d’Allah, administrent les affaires des cieux et de la terre, des nuages, de la pluie, et d’autres phénomènes encore. Si donc quelqu’un dont on ignore la véracité ou la fausseté affirmait l’existence de tels êtres, il ne serait pas licite de le traiter de menteur sans preuve ; que dire alors lorsque ce sont les prophètes véridiques et confirmés qui nous en informent ! Leurs actions constituent dès lors l’une des plus grandes causes à l’origine de ces prodiges. Comment, dès lors, prétendre qu’il n’existe pour ces phénomènes d’autre cause que ces trois-là ?
En outre, les preuves attestant l’existence des anges, indépendamment même de l’information transmise par les prophètes, sont nombreuses ; parmi celles-ci l’on peut avancer que les mouvements existant dans le monde