Quant aux tremblements de terre et à tout phénomène analogue, où un corps passe d’un état à un autre pour lequel il est apte, dès qu’une puissance agissante vient s’ajouter à la puissance réceptive, ce changement se produit. De même, si l’air se transforme en eau par les causes qui l’exigent, si le mouvement ou le séisme de la terre sont possibles au moyen de causes, et si les maladies du corps apparaissent également pour des causes déterminées, il devient alors possible que tout cela advienne par les forces psychiques. Le magicien agit effectivement sur les dispositions des corps, mais non sur la transmutation des essences ; il influe sur les causes de la maladie, de la mort, et similaires. Quant à changer du bois en serpent vivant, cela, selon eux, est impossible, que ce soit par les forces de l’âme ou par toute autre voie.
Ceux, en revanche, qui nient tout effet aux forces de l’âme – ainsi que l’affirment certains théologiens, qu’ils soient ashʿarites ou muʿtazilites, mais aussi des médecins, des philosophes et d’autres – fondent leur refus sur ce principe même.
Or, il ne nous est point nécessaire de nous arrêter à ce principe ; en vérité, rien n’empêche que les forces de l’âme produisent un certain effet, tout comme les forces des autres créatures, quand bien même les êtres et leurs forces diffèrent entre eux. Il ne fait aucun doute que la puissance de Jibrîl, au sujet duquel Allah – Exalté soit-Il – a dit :
« [Le Coran] lui a été enseigné par celui qui est d’une force prodigieuse, doté d’une parfaite vigueur, puis il se dressa » (53 : 5-6),
et :
« Ceci est assurément la parole d’un noble messager, doué de puissance, établi auprès du Possesseur du Trône, obéi là-haut, digne de confiance » (81 : 19-21),
– il ne fait aucun doute que cette puissance