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Une fois cela établi, on dira que la réfutation de ces gens se décline en plusieurs points.
Le premier consiste à leur dire : « Votre parole est une affirmation dépourvue de science, et rien ne prouve qu’elle soit fondée. » Cette remarque précède même la déclaration définitive de la fausseté de leur thèse, car il leur incombe tout d’abord d’apporter une preuve attestant la validité de leur propos, preuve qu’ils ne possèdent absolument pas. La plupart du temps, ils ne s’appuient que sur une simple concevabilité intellectuelle, et ce qu’Ibn Sînâ et ses semblables ont exposé ne contient rien qui montre que cela corresponde à la réalité ; tout ce qu’ils recherchent est d’en admettre la possibilité et l’éventualité, alors que cela est faux.
Par ailleurs, l’affirmation de l’existence des « forces de l’âme » n’implique nullement de tels effets. Il ne fait aucun doute que les miracles connus chez les musulmans, les juifs et les chrétiens – au sujet desquels tout le monde s’accorde à dire que les forces de l’âme ne sauraient les produire – relèvent de cette catégorie, et les philosophes l’admettent. Ils ne reconnaissent, parmi les miracles, que ceux qu’ils pensent pouvoir attribuer aux forces de l’âme, tel le fait de faire descendre la pluie.