En somme, les preuves qui établissent la fausseté de leur position sont extrêmement nombreuses, et l’exposé détaillé de ce sujet – comme d’autres – a été développé ailleurs. Ce qu’il importe de souligner ici, c’est que les propos de ces groupes ne concordent ni avec ce qu’ont rapporté les Envoyés, ni avec ce qu’atteste la raison limpide ; ils ne s’accordent donc ni avec la transmission authentique, ni avec l’intellection explicite. Au contraire, ils recourent au sophisme dans les questions rationnelles et à la « carmatisation » dans les données scripturaires, ainsi qu’on l’a constaté chez les Bâṭiniyya – Qaramites, Ismâʿîliens et leurs semblables –, chez les soufis philosophes qui prétendent que les récits des prophètes coïncident avec les dires de ces philosophes, chez ceux qui veulent concilier la Sharîʿa et la philosophie, tels Ibn Sînâ, Ibn Rushd le petit-fils et leurs semblables, ainsi que chez les partisans de l’unicité d’être et de l’incarnation, comme Ibn ʿArabî, Ibn Sabʿîn, Ibn Qasî – auteur de « Khalaʿ an-Naʿlayn » – et consorts. Ces derniers s’opposent à la raison évidente et à la transmission authentique bien plus encore que les Muʿtazilites et leurs semblables ; quant aux Muʿtazilites et apparentés, ils sont plus proches qu’eux, tandis que les théologiens affirmateurs des Attributs divins et du Décret, tels les Karrâmiyya, les Kullâbiyya et les Ashʿarites.