par des attributs et des actes inhérents, leur assertion d’une effusion nécessaire par essence se voit invalidée ; et, dans l’une comme dans l’autre hypothèse, leur doctrine s’écroule.
Par ailleurs, l’« Un simple » qu’ils mentionnent n’existe que dans les esprits et non dans la réalité concrète : il s’agit d’un être absolu, or l’absolu n’existe que dans l’intellection, jamais au dehors. Quant à l’absolu considéré avec la condition explicite de son absoluité, la chose va d’elle-même ; quant à l’absolu sans condition — qu’ils appellent l’« universel naturel » — lui non plus n’existe pas extérieurement comme universel qui empêcherait, par son seul concept, toute participation ; il ne se trouve au dehors qu’individuel, déterminé et singulier. Ce qui se trouve dans l’esprit, en revanche, est universel en ce qu’il correspond à ces particuliers, tout comme un terme générique correspond à ses occurrences individuelles.
En outre, si de cet Un ne procède qu’un seul être, il en irait de même pour celui qui suit, et ainsi de suite ; il s’ensuivrait qu’aucune multiplicité n’existerait dans le monde, alors que la multiplicité y est manifeste. Mais si, de cet Un, procède plus d’un être, leur principe fondamental s’effondre.
Lorsqu’ils prétendent que cet Un possède diverses « faces » — telles la nécessité et la contingence, son intellection de son Créateur, son intellection de lui-même, etc. — et qu’en vertu de son aspect nécessaire émanerait un intellect, tandis qu’en vertu de son aspect contingent émanerait un corps, et autres divagations semblables, on leur répond : ces aspects sont soit des réalités existentielles, soit de simples négations. S’ils sont existentielles et que le premier émané en est qualifié, il en résulte que plus d’un être procède du Premier Créateur. S’ils sont négatives, alors il découle de l’Un — du fait même qu’il est qualifié par des négations — plusieurs êtres. De la sorte, l’Être nécessaire se voit, d’un commun accord, qualifié par des aspects négatifs ; il faut donc admettre qu’il puisse émaner de Lui plus d’un être, et cela à plus forte raison que du premier émané, qu’ils nomment le « premier Intellect ».