Cela implique l’apparition des phénomènes contingents sans cause elle-même contingente. Or, s’ils soutiennent que les mouvements des sphères célestes entraînent le mouvement des éléments jusqu’à ce que ceux-ci se mêlent de façon à se préparer à recevoir l’effusion (al-fayḍ), cette affirmation est caduque à plusieurs égards. L’un d’eux consiste à dire : tous les événements proviennent des mouvements des sphères, et tout ce qui en résulte a nécessairement besoin d’un agent qui le fasse advenir. Or, l’agent des phénomènes ne saurait être une cause parfaite et éternelle, car une cause parfaitement éternelle implique nécessairement son effet ; son effet devrait donc l’accompagner de toute éternité. Il est dès lors impossible qu’aucun des phénomènes contingents émane de l’Être nécessaire, que ce soit par l’intermédiaire d’un autre ou sans intermédiaire ; il s’ensuit alors que les phénomènes n’auraient point d’agent créateur.
De plus, le mouvement même de la sphère suprême est un mouvement unique, homogène et simple ; il ne produit pas, par lui-même, des effets multiples, sinon en raison de la diversité des réceptacles, de même que le soleil blanchit un corps, noircit un autre, assouplit l’un et dessèche l’autre selon la diversité des sujets qui les reçoivent. Si ce mouvement est simple, et si l’Intellect est simple, il ne saurait donc en découler des réalités diverses. Il en va de même des sphères qui lui sont subordonnées : leurs mouvements sont en nombre limité et déterminé, chacun étant simple ; or il n’existe, dans aucun de ces mouvements ni dans ces mobiles, ce qui exigerait l’apparition de ces essences et de ces événements innombrables qui diffèrent tant par leurs qualités, leurs quantités et leurs mouvements — et cela, alors même qu’ils prétendent que du « Un simple » ne procède qu’un seul effet. Il est donc établi de manière évidente que cette multitude variée de phénomènes ne provient pas d’un nombre restreint de réalités simples.
On ajoutera : ces mouvements, ces moteurs et ces intellects connus constituent des choses multiples et diverses. S’ils émanaient d’un seul être, leur maxime — « du Un ne procède qu’un » — serait annulée ; et s’ils émanaient d’un être qualifié