et Son Souverain ; que tout ce qu’Allâh veut advient, et que ce qu’Il ne veut pas n’advient pas ; qu’il n’y a de puissance ni de force qu’en Lui. Ils savent que les causes ont été créées par Allâh, selon Sa volonté et Sa puissance, et qu’elles demeurent à jamais dépendantes de Lui. Ils ne disent ni qu’elles sont un effet nécessaire ou une émanation de Sa nature, comme le prétendent les philosophes, ni qu’elles puissent se passer de Lui après leur surgissement, comme l’affirment certains théologiens spéculatifs. Bien au contraire, tout ce qui n’est pas Allâh, exalté soit-Il, est continuellement pauvre et nécessiteux à Son égard ; rien ne se produit ni ne subsiste si ce n’est par Sa Volonté éternelle. Ainsi, tout ce qui advient par l’entremise des causes, Allâh en est le Créateur, de même qu’Il est le Créateur de la cause elle-même.
Ils affirment en outre qu’aucune des causes ainsi créées ne possède la moindre autonomie dans l’effet qu’elle génère ; chacune d’elles a besoin d’autres causes qui l’assistent et concourent avec elle, tout en rencontrant, dans le même temps, des oppositions et des obstacles qui la contrarient et la repoussent. Il en va ainsi du rayon issu du soleil ou de la combustion provoquée par le feu : la présence du soleil requiert un support apte à réfléchir la lumière, et cependant cette réflexion est empêchée par l’interposition d’un obstacle – nuage, toit, ou toute autre barrière –, quel qu’il soit.
Aussi, la position des théologiens des diverses communautés – muʿtazilites, chiites, karamites, ashʿarites et leurs semblables – est-elle plus proche de l’acceptation que les propos des philosophes, des naturalistes, des astrologues et consorts. Ces derniers ne prennent en considération que certaines causes ; ils s’en tiennent aux natures et aux forces qu’Allâh a placées dans les corps, et aux effets du soleil, de la lune et d’autres astres en ce monde, mais ils rattachent malgré tout les événements à l’une de ces causes, attribuant la survenue des corps et des phénomènes à la seule nature.