Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

survenant dans un même support et au même instant. D’ailleurs, on pourrait dire qu’il n’est pas plus légitime de qualifier l’« acquisition » de « capacité » – ni la capacité d’acquisition – que de soutenir l’inverse, si l’on ne se fonde que sur la simple concomitance de temps et de lieu.

C’est pourquoi les Ahl al-Sunnah, ainsi que les « affirmateurs » (ahl al-ithbât) appartenant à l’ensemble des écoles, ont déclaré que le serviteur est véritablement l’auteur de son acte, à l’opposé de la majorité des ashʿarites et de leurs partisans qui soutiennent qu’il n’en est l’auteur qu’au sens figuré, non au sens propre. Ces derniers ajoutent que l’acte du serviteur est un acte d’Allâh et non du serviteur, car, avec l’ensemble des gens de la Sunnah qui affirment le décret (al-qadar), ils professent qu’Allâh — Très-haut soit-Il — est le Créateur des actes des serviteurs, et ils affirment encore que l’acte d’Allâh coïncide avec son objet (maf‘ûl) et que la création (al-khalq) se confond avec la créature (al-makhlûq).

Un groupe de disciples de Mâlik, d’al-Shâfi‘î et d’Ahmad les a suivis sur ce point ; c’est la première des deux opinions rapportées de Qâḍî Abû Ya‘la. Il s’en rétracta ensuite et rejoignit la majorité des disciples de Mâlik, d’al-Shâfi‘î et d’Ahmad, lesquels affirment que la création est distincte de la créature. Tel est également l’avis des ḥanafites, des gens du ḥadîth, de la majorité des soufis et de la plupart des théologiens.

Or, puisque ces derniers disent que l’acte d’Allâh se confond avec son objet et que la création se confond avec la créature, et qu’ils ajoutent que l’acte du serviteur est créé par Allâh, il leur faut admettre que l’acte du serviteur est un acte d’Allâh. Mais si cet acte appartient à Allâh, il ne peut, en même temps, appartenir au serviteur, car un même acte ne peut être attribué à deux agents.

De là vient le reproche virulent que leur ont adressé les foules, tant parmi ceux qui affirment le décret que parmi ceux qui le nient. Les qadariyya — mu‘tazilites, chiites et autres — ont voulu exploiter cette bévue pour invalider la doctrine des gens de la Sunnah concernant le décret, à savoir qu’Allâh crée les actes des serviteurs, car la majorité des mu‘tazilites soutiennent également que la création se confond avec la créature.

Ainsi, si le serviteur est l’auteur de son acte, il devient impossible que cet acte soit créé par Allâh, puisque la créature

الحادثين في محل واحد في زمان واحد بل قد يقال ليس جعل الكسب قدرة والقدرة كسبا بأولى من العكس إذا لم يكن إلا مجرد المقارنة في الزمان والمحل ولهذا قال أهل السنة وأهل الإثبات من سائر الطوائف إن العبد فاعل لفعله حقيقة بخلاف جمهور الأشعرية ومن وافقهم فإنهم يقولون إنه فاعل مجازا وليس حقيقة ويقولون أن فعل العبد فعل لله لا للعبد لأنهم مع سائر أهل السنة المثبتين للقدر يقولون أن الله تعالى خالق أفعال العباد وهم يقولون أن فعل الله هو مفعوله والخلق هو المخلوق وقد وافقهم على ذلك طائفة من أصحاب مالك والشافعي وأحمد وهو أول قولي القاضي أبي يعلى ثم رجع عن ذلك ووافق الجمهور من أصحاب مالك والشافعي وأحمد في أن الخلق غير المخلوق وهو قول الحنفية وأهل الحديث وجمهور الصوفية وجمهور أهل الكلام فلما كان هؤلاء يقولون إن فعل الله هو مفعوله والخلق هو المخلوق ويقولون أن فعل العبد مخلوق لله لزمهم أن يقولوا أن فعل العبد فعل لله وإذا كان فعله فعلا لله لم يكن فعلا له لأن الفعل الواحد لا يكون فعلا لفاعلين ولهذا قامت الشناعة عليهم من جماهير الناس المثبتين للقدر والنافين له وأرادت القدرية من المعتزلة والشيعة وغيرهم بهذه الزلة من هؤلاء أن يتوسلوا بذلك إلى إبطال قول أهل السنة في القدر وأن الله لم يخلق أفعال العباد لأن جمهور المعتزلة يقولون أيضا إن الخلق هو المخلوق فإذا كان العبد فاعلا لفعله امتنع أن يكون مخلوقا لله, إذ المخلوق

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