survenant dans un même support et au même instant. D’ailleurs, on pourrait dire qu’il n’est pas plus légitime de qualifier l’« acquisition » de « capacité » – ni la capacité d’acquisition – que de soutenir l’inverse, si l’on ne se fonde que sur la simple concomitance de temps et de lieu.
C’est pourquoi les Ahl al-Sunnah, ainsi que les « affirmateurs » (ahl al-ithbât) appartenant à l’ensemble des écoles, ont déclaré que le serviteur est véritablement l’auteur de son acte, à l’opposé de la majorité des ashʿarites et de leurs partisans qui soutiennent qu’il n’en est l’auteur qu’au sens figuré, non au sens propre. Ces derniers ajoutent que l’acte du serviteur est un acte d’Allâh et non du serviteur, car, avec l’ensemble des gens de la Sunnah qui affirment le décret (al-qadar), ils professent qu’Allâh — Très-haut soit-Il — est le Créateur des actes des serviteurs, et ils affirment encore que l’acte d’Allâh coïncide avec son objet (maf‘ûl) et que la création (al-khalq) se confond avec la créature (al-makhlûq).
Un groupe de disciples de Mâlik, d’al-Shâfi‘î et d’Ahmad les a suivis sur ce point ; c’est la première des deux opinions rapportées de Qâḍî Abû Ya‘la. Il s’en rétracta ensuite et rejoignit la majorité des disciples de Mâlik, d’al-Shâfi‘î et d’Ahmad, lesquels affirment que la création est distincte de la créature. Tel est également l’avis des ḥanafites, des gens du ḥadîth, de la majorité des soufis et de la plupart des théologiens.
Or, puisque ces derniers disent que l’acte d’Allâh se confond avec son objet et que la création se confond avec la créature, et qu’ils ajoutent que l’acte du serviteur est créé par Allâh, il leur faut admettre que l’acte du serviteur est un acte d’Allâh. Mais si cet acte appartient à Allâh, il ne peut, en même temps, appartenir au serviteur, car un même acte ne peut être attribué à deux agents.
De là vient le reproche virulent que leur ont adressé les foules, tant parmi ceux qui affirment le décret que parmi ceux qui le nient. Les qadariyya — mu‘tazilites, chiites et autres — ont voulu exploiter cette bévue pour invalider la doctrine des gens de la Sunnah concernant le décret, à savoir qu’Allâh crée les actes des serviteurs, car la majorité des mu‘tazilites soutiennent également que la création se confond avec la créature.
Ainsi, si le serviteur est l’auteur de son acte, il devient impossible que cet acte soit créé par Allâh, puisque la créature