celle qui fait surgir la satiété, l’étanchement de la soif, la coupure et tout ce qui s’y rattache, au seul moment où ces phénomènes lui sont concomitants – et non par leur intermédiaire –, et qu’il n’existe ici ni force, ni nature, ni action exerçant la moindre influence sur ces événements, sous quelque aspect que ce soit, leur position au sujet des miracles en devient d’autant plus vigoureuse et manifeste.
Abû Hâmid al-Ghazâlî, dans son ouvrage « Tahâfut al-Falâsifah » (L’Incohérence des philosophes), rangea cette question parmi les principes fondamentaux sur lesquels il s’opposa aux philosophes. C’est pourquoi Ibn Rushd s’éleva avec vigueur contre lui dans « Tahâfut at-Tahâfut » (L’Incohérence de l’Incohérence), considérant ce point comme l’un de ceux qui lui permirent de prendre l’avantage sur Abû Hâmid, saisissant l’occasion de le réfuter et de défendre les philosophes.
Quant aux Muʿtazilites et assimilés parmi les Qadarites, ils distinguent entre l’effet produit par l’être vivant capable d’agir et celui produit par ce qui ne l’est pas ; ils reconnaissent l’efficacité de l’agent capable, qu’il soit Créateur ou créature, et n’en attribuent aucune à ce qui est dépourvu de cette capacité.