Ils ont affirmé, au sujet des lām de « kay » mentionnées dans le Coran — telles que Sa parole : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent », Sa parole : « C’est pour cela qu’Il les a créés », ou encore : « Peut-être seront-ils pieux » — et autres versets analogues, qu’il s’agit de la lām de la conséquence (lām al-ʿāqibah) et non de la lām de la finalité (lām al-taʿlīl). Selon eux, il est en effet inconcevable qu’Allâh fasse une action en vue de quelque chose, ou qu’Il ordonne une chose pour une autre.
De là, ils n’admettent dans les sphères célestes, dans les corps inférieurs ni dans les âmes, aucune force susceptible de constituer une cause à l’apparition de quoi que ce soit. Et puisqu’ils nient déjà l’efficacité de la puissance que possède l’animal, ils rejettent a fortiori celle de tout ce qui est autre que celle-ci.
Lorsque ces penseurs veulent répondre aux philosophes au sujet des causes qu’ils avancent pour expliquer les miracles et autres phénomènes extraordinaires, ils déclarent : « Nous affirmons que l’unique agent produisant les événements est la Puissance d’Allâh, et qu’aucune de ces choses n’exerce le moindre effet. » C’est pourquoi al-Ashʿarî a dit que l’attribut le plus distinctif du Seigneur est le pouvoir d’innover (al-ikhtirāʿ).
La controverse entre ces savants et leurs contradicteurs se joue sur deux plans. Premièrement, ils ne concèdent pas que les prodiges se réalisent simultanément avec les causes évoquées par les philosophes. Deuxièmement, s’ils l’admettent, ils considèrent ces dernières comme toutes les choses dont l’accompagnement est connu par l’usage : de même que, d’ordinaire, l’homme mange et se rassasie, boit et se désaltère, ou frappe de l’épée et elle tranche. Ainsi, lorsqu’ils soutiennent que la simple Puissance pré-éternelle est