Les gens du Livre – parmi eux certains Samaritains issus du judaïsme et d’autres encore – qui s’accordent avec les Muʿtazilites, se répartissent entre ces deux opinions. Quant à Abû ʿAbd Allâh Ibn al-Khaṭîb et à ceux de son acabit, ils se montrent incohérents dans ce domaine : lorsqu’ils débattent avec les Muʿtazilites au sujet du décret divin (al-qadar) et de la contrainte (al-jabr), ils adoptent la voie de ceux qui affirment qu’il est impossible qu’un contingent voie l’un de ses deux côtés préféré à l’autre sans un facteur prépondérant complet qui le rende nécessaire, de sorte qu’il n’y a, à leurs yeux, aucune différence entre un agent puissant et une cause nécessitante. En revanche, lorsqu’ils discutent avec les philosophes de la survenue du monde, et que les tenants de l’éternité les somment de justifier cette survenue, ils se rangent à l’avis des Muʿtazilites et déclarent que l’agent puissant et libre fait pencher l’un des deux côtés de ce dont il est capable sans facteur prépondérant ; ou bien ils affirment que la volonté éternelle constitue ce facteur prépondérant, ainsi que le soutiennent les Ashʿarites, les Karramites et ceux qui les suivent parmi les Hanafites, les Mālikites, les Shâfiʿites et les Hanbalites. Cette question est l’un des grands fondements sur lesquels leur pensée demeure confuse.