l’un des deux équivalents sans aucun facteur prépondérant. Or, puisque le rapport de l’existence et du néant à la réalité du contingent est absolument identique, il deviendrait licite de privilégier l’un plutôt que l’autre sans cause déterminante ; on devrait alors admettre la possibilité que les contingents et les êtres nouvellement créés adviennent sans aucun Innovateur, sans aucun agent.
Ces interlocuteurs déclarèrent donc : « Nous établissons une différence entre le fait qu’un agent puissant privilégie, sans motif, l’un de ses deux objets possibles, et le fait qu’une cause nécessitante opère une telle préférence sans motif. » Cette distinction constitue le fondement même de la doctrine des Muʿtazilites, des Ashʿarites et de ceux qui les ont suivis parmi les juristes – disciples de Mālik, d’al-Shâfiʿî, d’Ahmad et d’autres – en ce qu’ils considèrent pour cause de la préférence une volonté dont le rapport aux deux équivalents est égal. Simplement, les uns tiennent le facteur prépondérant pour la volonté de l’agent puissant et libre, tandis que les autres estiment que le facteur prépondérant n’est autre que l’agent puissant et libre lui-même.
Par la suite, les Basriens parmi eux soutiennent qu’Il fait paraître la volonté en Sa propre essence, sans qu’elle réside dans un lieu, tandis que les Bagdadiens nient l’existence même de cette volonté et affirment qu’elle ne dépasse pas l’acte accompli ni l’ordre donné de se conformer aux prescriptions.