La kahanah – c’est-à-dire la divination – relève elle aussi de ce registre. Ils prétendent que la différence entre le Prophète et le magicien réside dans le fait que l’âme du Prophète est pure et ordonne le bien, tandis que l’âme du magicien est perverse et ordonne le mal ; la distinction, selon eux, porte donc sur ce que chacun prescrit, non sur les causes mêmes des phénomènes extraordinaires.
Nous avons déjà indiqué que certains théologiens spéculatifs nient l’existence, dans aucune âme ni dans aucun autre corps – qu’il soit animé ou inanimé –, de forces ou de natures dotées d’un pouvoir d’action ; ils considèrent tout cela comme une simple concomitance coutumière. Tel est l’avis de la majorité des ashʿarites et de ceux qui les suivent parmi les littéralistes, ainsi que des partisans du qiyâs issus des écoles de Mâlik, d’al-Shâfiʿî, d’Aḥmad et d’autres encore. Ces derniers poussent parfois l’excès jusqu’à soutenir que la puissance de l’animal n’exerce aucun effet dans ses actes volontaires, qu’il s’agisse de l’homme ou d’une autre créature ; ils nient également qu’Allâh accomplisse une chose pour une autre, récusant ainsi les causes (asbâb) et les sagesses (ḥikam) dans Sa création et Son ordre. Beaucoup d’entre eux rejettent l’analogie ; ceux qui l’acceptent réduisent les ‘illal de la Sharî‘a à de simples indices.
La plupart tombent dans la contradiction sur ce point fondamental : lorsqu’ils traitent des détails du fiqh, de la médecine ou de la sagesse divine, ils s’expriment, sous l’impulsion de leur nature innée et de leur foi, selon la méthode de la majorité, qui affirme l’existence, dans la création et l’ordre divins, de causes antérieures aux événements et de sagesses postérieures à ceux-ci. Mais lorsqu’ils débattent avec les philosophes et les muʿtazilites, au sujet des questions de la prédestination, de la justice ou de l’injustice divines, de la motivation des actes d’Allâh – Exalté soit-Il – et des causes des phénomènes, ils adoptent cette méthode qui, en substance, est celle des jabarites, tels Jahm ibn Ṣafwân et ses semblables, et ils font