Il agit, sur ce qui est éloigné, comme l’homme capable agit sur ce qui est à sa portée ; voilà un acte bien connu, à la mesure des serviteurs. En revanche, transformer les substances pour les faire devenir ce que leur nature n’admet nullement – ainsi lorsque du bois se change en un animal sensible, mu par la volonté, qui avale des bâtons et des cordes sans se transformer lui-même – n’appartient en rien au domaine du possible pour l’être humain, ni ordinairement ni exceptionnellement, et ne saurait en aucune façon résulter des forces de l’âme.
C’est pourquoi, lorsque les magiciens de Pharaon virent cela, ils reconnurent que la chose excédait la sphère de la magie :
{فَأُلْقِيَ السَّحَرَةُ سَاجِدِينَ قَالُوا آمَنَّا بِرَبِّ الْعَالَمِينَ رَبِّ مُوسَى وَهَارُونَ}.
Cet événement prodigieux atteste l’existence du Créateur et la véracité de la mission de Ses Prophètes ; car la survenue d’un tel fait, dans de telles circonstances, engendre une certitude nécessaire qu’il émane du Tout-Puissant, du Libre-Agissant, pour confirmer Moïse et lui donner la victoire sur les magiciens, comme Allâh – Exalté soit-Il – l’a dit :
{فَأَوْجَسَ فِي نَفْسِهِ خِيفَةً مُوسَى قُلْنَا لا تَخَفْ إِنَّكَ أَنْتَ الْأَعْلَى وَأَلْقِ مَا فِي يَمِينِكَ تَلْقَفْ مَا صَنَعُوا إِنَّمَا صَنَعُوا كَيْدُ سَاحِرٍ وَلا يُفْلِحُ السَّاحِرُ حَيْثُ أَتَى}.
De même, le fait que le Prophète Ṣāliḥ fît sortir la chamelle d’un escarpement rocheux relève d’une réalité qui dépasse les forces psychiques et toute autre puissance. C’est pourquoi les chefs de ces philosophes niaient ces miracles ou les réduisaient à de simples allégories, disant par exemple : « Il a jeté le bâton du savoir qui a englouti les cordes et les bâtons de l’ignorance », comme un homme triomphe d’un autre par sa preuve. Cette interprétation relève des exégèses des Qarâmiṭa, dont la fausseté est manifeste, car elles s’opposent aux récits transmis de façon mutawâtir et à ce sur quoi musulmans et juifs sont unanimement convenus.