Et ce qu’ils attribuent aux prophètes peut également se manifester chez l’homme pieux et savant, et les communications spirituelles ainsi que les dévoilements qu’ils réservent aux prophètes surviennent à nombre de simples gens vertueux. Tout ce qu’ils ont reconnu comme étant véridique est certes vérité, mais leur mécréance réside dans ce qu’ils ont rejeté de la vérité.
Nous disons donc : la description qu’ils font des prophètes — à savoir qu’ils possèdent des prérogatives particulières en matière de science, de puissance, d’ouïe et de vue qui les distinguent — est juste ; toutefois, leur prétention que la limite ultime de ces privilèges se cantonne à ce qu’ils ont énuméré est fausse. Nous ne nions pas qu’Allah — Très-Haut — accorde au prophète une force sacrée grâce à laquelle il connaît ce que les autres ignorent ; nous ne nions pas non plus ce qu’Allah lui représente, en état de veille ou en songe, parmi les réalités véridiques conformes aux faits. Nous ne nions pas davantage qu’Allah puisse placer dans les âmes des forces par lesquelles s’exerce une influence sur l’existence.
Sur ce point, les gens se divisent en deux opinions : les Salaf, les juristes et la majorité soutiennent qu’Allah a placé dans les entités des forces et des natures par lesquelles les effets se produisent, comme Il a mis dans le feu la propriété de chauffer, dans l’eau celle de rafraîchir, et ainsi de suite. Quant à un groupe parmi les théologiens spéculatifs, ils nient tout cela et affirment qu’il n’existe dans les entités ni forces ni natures pouvant être causes des effets ; Allah crée simplement les choses à leur occasion, non par leur intermédiaire, et ils disent : il n’y a dans la chose même