Septièmement, qu’il soit dit : tous les raisonnements que vous invoquez pour nier la survenue de ce monde se retournent contre vous lorsqu’il s’agit de l’apparition de n’importe quel événement. Ainsi, vous affirmez qu’un agent doit nécessairement poursuivre un but, et vous dites encore : « Si l’influence était éternelle, l’effet serait lui aussi éternel », et d’autres assertions semblables. La confusion provient uniquement de ce que vous avez voulu prouver l’éternité des sphères célestes – ou de la matière des sphères – au moyen d’arguments qui n’impliquent rien de tel. En réalité, vos preuves conduisent soit à rejeter toute action et toute création, ce dont la fausseté est patente par nécessité et par consensus, soit à conclure que chaque événement est précédé d’un autre. Or cela n’établit nullement l’éternité de ce monde ; cela montre simplement que le Seigneur n’a jamais cessé d’agir, soit par des actes inhérents à Son Essence, soit par des effets distincts qui se produisent successivement. Rien, dans l’une ou l’autre de ces deux hypothèses, ne confirme votre thèse ; chacune, au contraire, la contredit. Au mieux, vous parvenez à réfuter l’opinion de certains théologiens spéculatifs ou l’argument qu’ils avancent ; mais cela ne valide pas votre position, pas plus que cela n’annule ce qu’ont rapporté les messagers – que les bénédictions d’Allah soient sur eux tous.
Nous avons exposé ces questions en détail ailleurs ; nous ne les signalons ici que parce qu’elles constituent la racine même de la doctrine de ceux qui nient l’ouverture et la fissuration des cieux, prétendent que la prophétie relève des facultés psychiques et que les miracles sont des forces de l’âme, au point de considérer celles-ci comme la cause des signes qu’Allah a manifestés par l’entremise des prophètes. Pourtant, tout en tenant de tels propos, ils exaltent les prophètes, déclarent obligatoire l’obéissance à leurs lois et ordonnent