comme ils le soutiennent, les mouvements des sphères célestes constituent une condition de la survenue des événements sublunaires.
Cinquièmement, on dira : le fondement même de leur argument repose sur deux prémisses – l’impossibilité d’une préférence sans déterminant complet et l’impossibilité d’une régression à l’infini – alors qu’eux-mêmes affirment ces deux choses. En effet, ils soutiennent la succession infinie des événements et prétendent que ceux-ci sont advenus sans déterminant complet.
Et lorsqu’ils déclarent : « Nous avons réfuté ceux qui posent une essence inerte, dépourvue d’action, laquelle se mettrait à agir après n’avoir pas agi », on leur répond : cette opinion est celle de certains groupes parmi les théologiens spéculatifs ; elle n’a pas été énoncée explicitement par les prophètes, ni dans la Torah, ni dans l’Évangile, ni dans le Coran. Que cette opinion soit fausse n’implique nullement l’éternité du monde ni la contradiction avec ce qu’ont rapporté les messagers. Bien plutôt, si une telle opinion est possible, votre réfutation s’effondre ; si elle est impossible, il ne s’ensuit que la permanence de l’action de l’Agent, non l’éternité de ces sphères ni celle d’aucun contingent déterminé.
Sixièmement, on dira : votre thèse est plus inconcevable encore que la précédente. Ceux-là, en effet, attribuent tous les événements à l’Agent ancien et éternel, affirmant qu’Il a agi après n’avoir pas été agissant ; ainsi ont-ils reconnu aux événements un Auteur sans poser de cause survenue. Quant à vous, vous faites advenir les événements sans aucun agent, car, d’après vous, l’Agent ancien, nécessaire par essence, est inséparable de son produit – son effet, sa conséquence et son exigence – lequel ne saurait Lui être postérieur ; rien, dès lors, ne peut survenir de Lui. Ces événements, par conséquent, ne proviennent pas de Lui ; votre propos implique donc qu’ils n’ont pas de producteur, ce qui est plus erroné encore que l’opinion de ceux qui leur assignent un producteur les ayant créés sans cause nouvelle.