de son existence requiert la présence de tout ce par quoi il advient. Ainsi, s’il est qualifié d’« effet », il faut nécessairement que la cause totale existe concomitamment à lui. Or, si cette cause est éternelle et que son efficacité dépende de conditions, il est indispensable que ces conditions soient réalisées au moment même où l’effet survient ; il ne suffit donc pas, comme ils le prétendent, que la cause existe avant sa production. En vérité, la cause totale doit être simultanée à son effet, et son effet simultané à elle ; l’effet n’existe donc qu’avec la cause totale dans l’intégralité de ses éléments. Si l’une quelconque de ses conditions faisait défaut — quand bien même elle se réaliserait avant l’apparition de l’effet — la cause précéderait alors l’effet et l’effet lui serait postérieur, ce qui est impossible pour une cause totale. De même, l’agent doté de puissance doit voir sa puissance, sa volonté et tout ce que requiert son acte exister au moment précis où apparaît ce qui est produit. Telles sont donc deux réponses.
Quant à l’argument qu’ils avancent en faveur de l’éternité du monde, il se réfute de plusieurs manières. La première est de dire : la perpétuité des événements est soit impossible, soit possible. Si elle est impossible, leur thèse s’effondre et il devient certain que les événements ont un commencement. Si elle est possible, il est alors concevable que ces sphères soient créées, précédées d’événements antérieurs, comme l’ont annoncé les Messagers ; car Allah — Très-haut — a informé qu’Il créa les cieux et la terre en six jours, alors que Son Trône était sur l’eau. Dans l’un ou l’autre cas, il ne s’ensuit donc pas que le monde soit éternel. Sache en outre qu’ils ne disposent absolument d’aucune preuve valide étayant l’éternité du monde.