Parmi les anciens et les modernes – tel Aristote et ceux qui l’ont précédé –, les philosophes qui soutiennent l’éternité des sphères affirment que, dans l’Être éternel, se produisent des événements sans commencement. Quant aux adeptes des religions révélées, aux maîtres des philosophes et à la grande majorité d’entre eux, ils affirment que tout ce qui n’est pas Allah est créé, survenu après n’avoir pas existé, et que tout contingent dans lequel se produisent des événements est créé et nouvellement advenu ; bien plus, tout contingent accompagné d’événements est créé et nouvellement advenu, car il est impossible qu’il procède d’une cause totale, ancienne et pré-éternelle. La position notoire des sommités de la philosophie antérieures à Aristote était d’ailleurs l’affirmation de la création du monde ; l’idée de son éternité ne devint célèbre qu’à partir de lui et de ses disciples, tels al-Fârâbî, Ibn Sînâ, « le Petit-fils » (Ibn Rushd) et leurs semblables.
S’agissant maintenant de la subsistance, en Allah — Très-haut —, d’actes volontaires et d’attributs, c’est la doctrine des pieux prédécesseurs de la communauté et de ses imâms, que nous rapportons du Messager — paix et bénédictions d’Allah sur lui. C’est également la doctrine portée par la Torah et l’Évangile, et celle qu’atteste la raison explicite, en parfaite conformité avec la transmission authentique. Dès lors, la raison saine nous apprend que le monde est créé, comme l’ont annoncé les Messagers, tandis que le Seigneur n’a jamais cessé — et ne cessera jamais — d’être doté des attributs de perfection : Il n’est pas devenu Puissant après ne pas l’avoir été, ni Parlant après ne pas l’avoir été, ni qualifié de Créateur et d’Agent après ne pas l’avoir été ; au contraire, Il est de toute éternité caractérisé par les attributs de perfection qui impliquent la perfection de Ses paroles et de Ses actes. Ces questions sont traitées en détail ailleurs.
Le propos, ici, est de mettre en évidence la preuve que nous avons exposée touchant l’origine de tout ce qui n’est pas Allah, et de montrer que la teneur réelle de leur parole implique qu’aucun événement n’aurait de producteur, puisqu’il est impossible que des événements émanent d’une cause totale, éternelle et pré-éternelle ; tout créé, qu’on l’appelle « effet » ou « action », doit donc, au moment