le sujet qualifié. Les chrétiens se contredisent dans l’affirmation de l’unicité (tawḥîd), car ils se voient contraints de faire de l’Essence l’attribut même, ou de considérer que l’unifié n’est autre que l’Essence. Or ceux-ci sont encore plus contradictoires qu’eux, et leur discours sur l’unicité est plus mauvais que celui des chrétiens.
Pourtant, Yaḥyâ ibn ʿĪd, le philosophe chrétien, s’imagina qu’en assimilant leur doctrine de la Trinité à la triade des philosophes — l’Intelligent, l’Intelligible et l’Intellect — il triompherait par les preuves. Il ne se rendit pas compte que ce vers quoi il se réfugiait est pire que ce dont il s’était enfui, et que la parole des philosophes concernant l’Intellect, l’Intelligent et l’Intelligible est, du point de vue rationnel, plus vaine encore que la parole des chrétiens sur le Père, le Fils et l’Esprit-Saint.
Ces questions sont développées ailleurs; nous ne les évoquons ici que parce qu’elles constituent les fondements du discours de ceux qui ont égaré, parmi les esprits les plus pénétrants des nations — qu’Allah seul connaît — une multitude d’hommes. Ce sont eux qui ont prétendu que les miracles des prophètes — sur eux la paix — ne sont que forces psychiques, bâtissant cette thèse sur leurs principes relatifs à l’éternité du monde et à l’idée que son Originateur est une cause complète agissant par nécessité de Sa propre nature.
Ils ont, parmi les prémisses sur lesquelles ils se sont appuyés, la négation des attributs, fondée sur ce qu’ils appellent « composition ». Or, une fois révélée la fausseté de leur principe, il devient évident que l’affirmation des attributs de perfection pour Allah est la vérité; dès lors ils ne peuvent plus prétendre que les actes volontaires ne se lèvent pas en Lui. En effet, s’ils ont nié que ces actes résident en Son Essence, c’est uniquement parce qu’ils nient les attributs, non parce qu’Il est éternel; car, selon leur doctrine, l’éternel est sujet aux accidents. C’est pourquoi ils affirment que la sphère céleste est éternelle tout en étant exposée aux événements contingents.
Et quiconque, parmi les théologiens dialecticiens, soutient que l’Éternel n’est pas sujet aux accidents