Deuxième réponse : il n’est nullement impossible que l’existence ou la nécessité soit l’effet d’une cause réceptive ; ce qui est impossible, c’est qu’elle soit l’effet d’une cause efficiente. La cause réceptive ressemble au sujet apte à recevoir son attribut, tandis que la cause efficiente s’apparente à l’artisan qui produit son ouvrage. Or la démonstration établit que l’Être nécessaire par Lui-même, sa nécessité et son existence ne sauraient être ni produits ni effets d’un agent ; elle ne prouve pas pour autant que la nécessité ne puisse être qu’un attribut du Nécessaire, ni que l’existence ne puisse être un attribut de l’existant, selon l’opinion de ceux qui soutiennent que l’existence d’une chose est ajoutée à son essence. Ces Muʿtazilites, et ceux qui les ont suivis dans l’affirmation que l’existence d’une chose, dans l’ordre extérieur, est distincte de sa quiddité — quoique leur position comporte une erreur —, sont néanmoins moins dans l’erreur et plus proches de la vérité que ces philosophes qui ont fait de l’existence une réalité absolue ou bien conditionnée par le néant, professant ainsi ce que la raison évidente sait impossible sous de multiples aspects, tout en impliquant la négation et le rejet du Seigneur des mondes, le démenti de Ses prophètes envoyés et l’abandon de la voie des croyants.
Quant au second type de composition, celui qui résulte de l’alliance du particulier et du général, on dira : vous et nous, ainsi que la grande majorité des hommes, affirmons que l’existence se divise en nécessaire et en possible, et que le sujet de cette division est commun aux deux sections. Cette division porte sur les significations, non sur de simples vocables homonymes, que ces significations soient hiérarchisées — leurs vocables étant alors ce que l’on appelle « termes équivoques » — ou qu’elles soient identiques — leurs vocables étant alors les « noms univoques » au sens de l’univocité spécifique ; quant à l’univocité générale, elle englobe les équivoques. Puisque l’existence se subdivise ainsi, il faut que le Nécessaire se distingue des autres par ce