Ils se cantonnent aux formules négatives et disent : « Nous ne disons ni qu’Il est existant, ni qu’Il est inexistant » – voire : « Il n’est ni existant ni inexistant. » Tantôt ils abolissent les deux contraires, tantôt ils se refusent à en affirmer un seul. Parfois ils empruntent cette voie à propos de l’existence même, d’autres fois à propos de ce qui est attribué à l’existant : la vie, la science, la puissance, la parole et l’ensemble des attributs. Ils ont ainsi nié la réalité et se sont mis à qualifier les significations affirmatives de « composition », comme nous l’avons précédemment mentionné. Or nous avons expliqué que le fait de nommer cela « composition » relève d’une convention propre à eux ; en vérité, dans la langue courante, l’affirmation de telles significations n’est pas appelée « composition ». On n’imagine un composé que dans ce qu’un compositeur a assemblé, idée qui est impossible à propos de Celui qui existe par Lui-même, se suffit à Lui-même de tout ce qui n’est pas Lui, est l’Auteur de tout autre que Lui, tandis que tout autre que Lui est Sa créature. Dès lors, s’Il est conçu comme qualifié de multiples attributs, nul ne L’a composé ni n’a composé ces attributs en Lui.
Les hommes ont débattu au sujet des corps créés – tels que les étoiles, la sphère céleste, l’air, l’eau et autres – : certains ont dit qu’ils sont composés de substances indivisibles ; d’autres qu’ils sont composés de matière et de forme ; d’autres encore ont distingué entre le corps céleste et le corps élémentaire. Or l’avis correct, chez les vérificateurs des diverses écoles, est qu’ils ne sont composés ni de ceci ni de cela. Telle est l’opinion de la plupart des écoles spéculatives : les Hachimiyya, les Darâriyya, les Najjâriyya, les Kullâbiyya, un groupe parmi les Karrâmiyya, et d’autres encore.
Les gens ont également divergé au sujet du corps : accepte-t-il la division jusqu’à une limite