que celles-ci n’existent qu’en concomitance indissociable avec les réalités concrètes, comme le soutiennent les disciples d’Aristote.
Quant aux partisans de l’« unité » — ceux qui professent la doctrine de l’unicité de l’existence —, lorsque certains d’entre eux, tels Ibn Sabʿīn, al-Qūnawī et leurs semblables, affirmèrent qu’il s’agissait de l’existence absolue, d’autres, comme al-Qūnawī, déclarèrent qu’il s’agissait de l’« absolu non conditionné » afin qu’il puisse exister hors de l’esprit ; cela aussi est faux. En effet, l’« existant absolu non conditionné » englobe les deux catégories, le Nécessaire et le possible ; le possible entrerait alors dans l’appellation du Nécessaire-par-soi.
Ils n’ont distingué entre les deux qu’en se fondant sur l’idée que l’existence du possible s’ajoute à son essence — assertion erronée — et sur le postulat que le Nécessaire ne se caractériserait que par des restrictions négatives ; or, pour eux, les négations ne sauraient être discriminantes, car la distinction entre deux existants ne s’obtient que par des déterminations positives. De plus, l’absolu, pour qui affirme son existence à l’extérieur, n’est qu’une partie du particulier, si bien que le Seigneur des mondes deviendrait une partie de chaque créature. Il n’existe d’ailleurs, dans la réalité extrinsèque, ni universel ni absolu, sinon sous une forme déterminée et individualisée ; ce qui est universel dans les esprits existe bien dans les réalités sensibles, mais comme déterminé et particularisé.
En outre, ceux qui prétendent que l’Être nécessaire est absolu, ou qu’il n’est qualifié que par des négations — tels Ibn Sīnā, les partisans de l’« unité » et autres — n’affirment, en réalité, aucune quiddité propre à Sa nature.