est nul et non avenu. C’est pourquoi il est parfois admis de dire que les attributs sont autres que l’Essence (adh-dhât), mais l’on ne dira pas qu’ils sont autres qu’Allâh ; en effet, le terme « dhât » laisse entendre une distinction par rapport à l’attribut, contrairement au Nom « Allâh » qui englobe Ses attributs de perfection. Or, affirmer qu’un attribut est distinct de l’Essence n’implique nullement qu’il puisse exister sans l’Essence : il n’existe, dans la réalité extérieure, ni Essence dépourvue d’attributs, ni attributs dépourvus d’Essence ; cela est impossible en soi.
Quant à ceux des partisans de l’affirmation (ahl al-ithbât) qui soutiennent qu’Il possède des attributs « ajoutés » (zâʾida) à Son Essence, le sens véritable de leur propos est que ces attributs seraient ajoutés à ce que l’affirmant a d’abord reconnu comme étant l’Essence, puisqu’il a admis l’existence d’une Essence sans admettre Ses attributs. Or, dans la réalité, il n’existe pas d’Essence séparée des attributs pour que l’on puisse dire que ceux-ci lui sont ajoutés.
En vérité, le mot « dhât » est, à l’origine, le féminin de « dhû » (détenteur, possesseur), comme dans la Parole d’Allâh : « … وَأَصْلِحُوا ذَاتَ بَيْنِكُمْ » (« … réconciliez vos relations mutuelles »), et dans Sa Parole : « … عَلِيمٌ بِذَاتِ الصُّدُورِ » (« Il connaît parfaitement le contenu des poitrines »). Ce terme implique nécessairement une annexion (iḍâfa). Cependant, les théologiens spéculatifs l’ont détaché de toute annexion et en ont fait un terme autonome, disant : « al-dhât », c’est-à-dire « la réalité qui possède des attributs ». Par conséquent, chaque fois que l’on emploie le mot « dhât », il suppose les attributs ; il est impossible, tant dans l’existence concrète que dans l’intellect et même dans la langue, de concevoir une Essence dépourvue d’attributs. Imaginer une essence sans attributs revient à concevoir une noirceur qui ne serait pas une couleur, une science sans savant ou un savant sans science : autant de choses impossibles. Ces questions sont d’ailleurs développées ailleurs.
Le propos ici est que l’argument par lequel ils nient les attributs, s’appuyant sur la négation de ce qu’ils appellent « composition » (tarkîb), repose sur des formules générales, équivoques et trompeuses. Ainsi, lorsqu’ils disent que l’affirmation des attributs constitue une composition