On emploie encore le terme « composé » pour ce dont certaines parties peuvent être séparées les unes des autres, tels les membres de l’être humain, même si, à l’origine, on ne l’a jamais constaté à l’état dissocié. On le dit également de l’entité vers laquelle on se contente de pointer, comme le soleil ou l’orbe céleste, avant que l’on sache s’il est possible qu’elle se désagrège. De même, on qualifie de « composé » ce dont il est permis de connaître un aspect sans en connaître un autre, de la même manière que l’on sait qu’Il est Tout-puissant avant de savoir qu’Il est Audient et Clairvoyant.
Dès lors, lorsqu’ils soutiennent que l’affirmation des attributs impliquerait une composition, il est manifeste qu’ils n’entendent pas par là les deux premières acceptions. En effet, affirmer les attributs est nécessaire à Allâh ; il est inconcevable que Ses attributs de perfection s’évanouissent ou que Lui advienne ce qui contredirait la ṣamadiyya, telle la dissociation ou ce qui s’y apparente, car Il est l’Unique, l’Absolu, qui n’a engendré et n’a pas été engendré.
De même, lorsqu’ils affirment que le composé dépend de ses parties, sache que le mot « partie » peut désigner ce qui, ajouté à autre chose, constitue un tout, comme l’unité dans le nombre dix, ou comme une portion de nourriture ou de tissu. Il peut aussi viser ce qui est une portion d’un autre être, quand bien même on n’aurait jamais constaté sa séparation, ni même qu’elle soit possible. Ils incluent dans cette catégorie la vie, inséparable du vivant, et la science, inséparable du savant ; ainsi affirment-ils que l’animalité et la rationalité sont des parties de l’homme, bien qu’il s’agisse là de deux attributs indispensables à son essence, sans lesquels il ne saurait exister.
Il en va de même pour le terme « dépendance » (iftiqâr) : il peut signifier la dépendance de l’effet envers sa cause ou de l’ouvrage envers son artisan ; il peut aussi viser la dépendance de l’attribut à l’égard du sujet qu’il qualifie ; et il peut enfin renvoyer à la simple concomitance, c’est-à-dire au fait que l’être qualifié implique nécessairement les attributs de perfection qui lui conviennent.