Quatrièmement : la composition portant sur la quantité, à savoir la composition du corps à partir de ses parties. Celle-ci se divise en deux formes : la première consiste en l’assemblage de substances individuelles — c’est la composition sensible ; la seconde réside dans l’union de la matière et de la forme — c’est la composition intelligible. Ces deux formes constituent les quatrième et cinquième catégories.
La réfutation détaillée de leurs propos a été exposée ailleurs ; nous nous bornerons ici à en signaler quelques aspects. Nous affirmons, d’abord, que ces réalités ne relèvent nullement d’une véritable composition et, même à supposer qu’elles en relèvent comme vous le prétendez, vous ne possédez aucun argument valable pour les nier. Bien au contraire, la preuve requiert d’établir les significations mêmes que vous qualifiez de « composition ».
Il y a, à ce sujet, trois positions. La première est de dire que vous ne disposez d’aucune preuve pour écarter ces notions que vous appelez « composition ». Votre principal fondement est de prétendre que le composé dépend de chacune de ses parties, et que l’Être nécessaire ne saurait dépendre de quoi que ce soit d’autre. Sur cette prémisse se sont appuyés Ibn Sînâ et ses disciples, tels ar-Râzî et d’autres, pour bâtir leur négation et leur voie de l’invalidation ; or, ce discours est parmi les plus vains. En effet, le terme « composition » (tarkîb) revêt des sens variés selon les usages.
Ainsi, on dit d’une chose qu’elle est « composée » lorsque quelqu’un d’autre l’a agencée, comme le Très-Haut l’a dit : « Dans la forme qu’Il a voulue, Il t’a façonné » (Coran 82, 8). De même, on dit : « J’ai ajusté la porte à son emplacement », et semblables expressions ; tel est le sens premier de « composé » dans la langue.
On emploie également ce terme pour désigner ce qui était dispersé puis a été réuni, comme les aliments mélangés ou les remèdes composés.