Et c’est ainsi que sont venues les Écritures divines : Allah – exalté soit-Il – S’y est décrit, de façon détaillée, par les attributs de perfection. Il y annonce qu’Il est Savant de toute chose, Puissant sur toute chose, qu’Il est l’Invincible, le Sage, le Tout-Pardonneur, le Pleinement Bienveillant, l’Audient, le Clairvoyant, et par bien d’autres encore parmi Ses Noms et Ses attributs. Il y affirme également que « rien ne Lui ressemble », qu’« Il n’a point d’égal », et Il – Très-Haut – dit : « Connais-tu pour Lui un homonyme ? ». Ainsi S’est-Il attribué ce qui Lui convient de perfection par l’affirmation des Noms et des attributs, tout en niant pour Lui toute ressemblance avec les créatures.
C’est pourquoi la doctrine des Pieux Prédécesseurs de la communauté et de ses Imâms consiste à décrire Allah – glorifié et exalté soit-Il – tel qu’Il S’est décrit Lui-même et tel que Son Messager l’a décrit, sans altération (taḥrīf) ni négation (taʿṭīl), sans modalisation (takyīf) ni assimilation (tamthīl). Ils Lui affirment les Noms et les attributs et Lui nient toute similitude avec les créatures : affirmation sans assimilation, transcendance sans négation, comme l’a dit le Très-Haut : « Rien ne Lui ressemble, et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. » Sa parole « Rien ne Lui ressemble » réfute les assimilateurs, et Sa parole « et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant » réfute les négateurs des attributs.
Quant à ces négateurs des Noms – extrémistes parmi les jahmites, les batinites et les philosophes –, ils ne l’emportèrent sur les muʿtazilites qu’au moyen de la négation des attributs ; ils se sont emparés du terme « assimilation » en l’employant de façon vague et équivoque, tout comme les muʿtazilites l’avaient fait à l’égard d’Ahl al-Sunnah wa-l-Jamāʿa, qui affirment les attributs. Lorsqu’ils considérèrent que l’affirmation des attributs relevait d’une assimilation illicite, les premiers les obligèrent, par cohérence, à pousser leur principe jusqu’au bout, les contraignant ainsi à nier même les Plus Beaux Noms.
Or la réalité est inverse : l’affirmation des Noms est une vérité et elle implique nécessairement l’affirmation des attributs ; car il serait absurde d’affirmer qu’Il est Vivant sans vie, Savant sans science, Puissant sans puissance