Ceux qui disent : « Nous ne savons pas si les réalités sont établies ou abolies, ni si la connaissance est possible ou non » relèvent en vérité d’une forme de sophistique, laquelle se divise en plusieurs catégories ; la première est précisément la parole de ces gens-là.
La deuxième catégorie est celle des négateurs, des détracteurs et des partisans du rejet, qui tranchent en affirmant l’inexistence des réalités et l’impossibilité d’en acquérir la science.
La troisième regroupe ceux qui font dépendre les réalités des croyances : ainsi, si quelqu’un croit qu’une chose est établie, elle l’est pour lui ; et si quelqu’un la nie, elle est pour lui inexistante ; ils ne reconnaissent donc pas aux réalités une nature propre en elles-mêmes.
La quatrième catégorie est celle de ceux qui affirment que les réalités existent bel et bien, mais qu’il n’existe aucun moyen d’en avoir connaissance : soit, disent-ils, parce que le monde est en perpétuel flux, rendant impossible la connaissance de sa véritable nature, soit pour quelque autre raison.
Ces quatre types se retrouvent chez ces mécréants : on y voit les « suspensionnistes » feignant l’ignorance, qui déclarent : « Nous n’affirmons ni ne nions » ; on y voit les négateurs proprement dits, qui rejettent ; on y voit ceux qui subordonnent les réalités aux croyances, comme on le rapporte d’un groupe qui donne raison à chacun des tenants d’énoncés contradictoires ; et l’on y trouve enfin l’opinion de certains partisans de la doctrine de l’Unité – Ibn ʿArabî et ses semblables – selon laquelle quiconque adopte une croyance au sujet d’Allah est, par là même, dans le vrai, à tel point que l’un d’eux a pu dire :