Il les crée par Sa volonté et Sa puissance, tandis qu’eux prétendent qu’elle serait, à elle seule, le Seigneur de l’univers. Selon leur doctrine, l’Intellect premier a fait advenir tout ce qui est autre qu’Allâh ; l’Intellect second a, à son tour, produit tout ce qui est autre qu’Allâh et différent de l’Intellect premier, jusqu’à ce que l’on aboutisse à l’Intellect dixième, dit « intellect agent », rattaché à l’orbe lunaire. Ils affirment que celui-ci a fait surgir tout ce qui se trouve sous cet orbe ; il serait donc, à leurs yeux, l’initiateur de tout ce qui est au-dessous des cieux : l’air, les nuages, les montagnes, les animaux, les plantes et les minéraux. C’est de lui que se déverseraient la révélation et la science sur les prophètes et sur d’autres encore ; quant à la parole qu’entendit Mûsâ, elle n’aurait eu, selon eux, d’existence qu’en lui-même, non à l’extérieur : simple effusion émanée de cet intellect agent, que certains identifient même à Jibrîl.
Puisque le fondement de leur thèse est que l’Artisan du monde ne peut en modifier l’état, ne dispose ni de puissance ni de volonté pour le faire passer d’une situation à une autre, ils s’emploient à rapporter l’ensemble des événements à des causes purement naturelles, afin de rendre leur propos cohérent et exempt de contradiction. Or, cette parole est, en elle-même, pernicieuse et contradictoire, car nous constatons de nos propres yeux l’apparition d’événements tels que les mouvements des astres, le lever du soleil et de la lune, la pluie, les nuages, le souffle des vents, la naissance des animaux, des végétaux, des minéraux, et bien d’autres phénomènes encore.