l’agréèrent, tandis que d’autres s’y opposèrent, et j’étais de ceux qui l’agréèrent. Il ne quitta pas ce monde avant que ceux qui s’étaient opposés à lui ne finissent par l’agréer. Il administra les affaires sur le modèle du Prophète ﷺ et de son compagnon, suivant leurs traces comme le chamelon suit sa mère. Par Allah, il se montrait plein de douceur et de miséricorde envers les faibles et les croyants ; il était l’appui et le défenseur des opprimés contre les injustes ; nul blâme d’un censeur ne l’arrêtait lorsqu’il agissait pour Allah. Allah fit jaillir la vérité de sa bouche et fit de la véracité son apanage, au point que nous pensions parfois qu’un ange parlait par sa langue. Par son adhésion, Allah renforça l’Islam, et son émigration constitua un pilier pour la religion. Allah inspira la crainte de lui dans le cœur des hypocrites et l’amour dans le cœur des croyants. Le Messager d’Allah ﷺ le compara à Gabriel, rude et ferme envers les ennemis, et à Noé, indigné et courroucé contre les mécréants. Endurer l’adversité dans l’obéissance à Allah lui était plus cher que goûter à l’aisance dans la désobéissance.
Qui donc égalera ces deux hommes ? Qu’Allah leur fasse miséricorde et nous accorde de persévérer sur leur voie. On n’atteint leur rang qu’en suivant leurs traces et en les aimant ; que celui qui m’aime les aime donc tous deux, et quiconque ne les aime pas me hait ; je me désavoue de lui. Si je vous avais déjà avertis à leur sujet, j’aurais infligé la sanction la plus sévère ; il ne sied pas de punir avant la mise en garde. Désormais, quiconque sera amené devant moi tenant de tels propos sera châtié comme un calomniateur.
Sachez-le : les meilleurs de cette communauté après son Prophète sont Abû Bakr le Véridique et ʿUmar al-Fârûq ; quant au reste, Allah sait mieux où se trouve le bien. Telle est ma parole ; qu’Allah me pardonne ainsi qu’à vous. (147)