et ils prêtent donc assistance aux mécréants et s’en prennent à la Famille du Prophète. Quant aux gens de la sunna, ils reconnaissent les droits des membres de la Famille, les aiment, leur sont alliés et maudissent quiconque leur voue de l’inimitié.
Quant au verset de la mubâhala (Al-ʿImrân 3 : 61), il ne constitue pas non plus un privilège propre à ʿAlî, qu’Allah l’agrée, car le Prophète ﷺ y convoqua ʿAlî, Fâtima, al-Ḥasan et al-Ḥusayn, comme le rapporte Muslim (118). S’il les fit venir, ce n’est pas parce qu’ils étaient les meilleurs de sa communauté, mais parce qu’ils étaient les plus proches de sa famille. Muslim rapporte encore, d’après ʿÂ’isha (119), que le Prophète ﷺ apporta la zakât de ʿAlî, Fâtima, al-Ḥasan et al-Ḥusayn, puis déclara : « Ô Allah, ceux-ci sont les gens de ma maison ; éloigne d’eux toute souillure et purifie-les complètement. » Il leur adressa ainsi une invocation qui leur fut propre.
Or, la mubâhala devait se faire avec les femmes, les enfants et les « âmes mêmes » (anfus) ; c’est pourquoi il convoqua ces quatre-là. Le terme anfus sert à désigner l’ensemble d’un groupe, comme dans cette parole du Très-Haut : « Lorsque vous l’avez entendu, pourquoi les croyants et les croyantes n’ont-ils pas pensé du bien d’eux-mêmes ? » (An-Nûr 24 : 12), c’est-à-dire collectivement ; ou encore : « Repentez-vous donc à votre Créateur et tuez-vous les uns les autres » (Al-Baqarah 2 : 54), c’est-à-dire que certains tuent d’autres.
Il en va de même pour la parole prophétique : « Tu es de moi et je suis de toi » : il ne s’agissait évidemment pas d’une identité d’essence. Il ne fait aucun doute que, parmi les proches parents, celui qui occupe le rang le plus élevé est ʿAlî — qu’Allah l’agrée ; il réunit, grâce à la parenté et à la foi, un mérite [6/أ] que ne possèdent ni le reste des membres de la famille ni les autres Compagnons. C’est pour cette raison qu’il fut associé à la mubâhala. Cela n’empêche pas qu’il puisse exister, en dehors des proches parents, quelqu’un de plus vertueux que lui, car la mubâhala se limita justement aux parents. Voilà pourquoi le Prophète ne la réalisa pas avec Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân — qu’Allah les agrée — et leurs semblables.
Quant à la parole du Très-Haut : « Voici deux adversaires qui se sont disputés au sujet de leur Seigneur » (Al-Ḥajj 22 : 19), il est authentiquement rapporté d’après Abû Dharr — qu’Allah l’agrée — qu’elle fut révélée à propos des protagonistes du jour de Badr. Les premiers à s’élancer du côté des croyants furent ʿAlî, Ḥamza et ʿUbayda ibn al-Ḥârith — qu’Allah les agrée : ils se dressèrent face à ʿUtba, Shayba et al-Walîd ibn ʿUtba (120).