Faḍl Abī BakrIbn Taimiya

des textes émanant du Prophète ﷺ venaient confirmer l’avis de ceux qui le contredisaient, comme pour le cas de la femme enceinte dont l’époux est décédé : ʿAlî, qu’Allah l’agrée, donna pour fatwâ qu’elle observe la période de viduité la plus longue des deux termes (99), tandis que ʿUmar, Ibn Masʿûd (100) – qu’Allah les agrée – et d’autres encore jugèrent qu’elle n’est tenue qu’à attendre son accouchement (101) ; c’est d’ailleurs ce qu’établit la Sunna (102). On interrogea le Prophète ﷺ alors qu’Abû as-Sanâbil (103) émettait la même opinion que ʿAlî ; le Prophète ﷺ déclara alors [4/ب] à propos de Sabîʿa al-Aslamiyya (105) : « Abû as-Sanâbil a menti ; tu es désormais licite, marie-toi » (104).

Quant à la formule : « Ô Allah, accorde la victoire à qui le soutient et abandonne qui l’abandonne », elle contredit les faits ; la réalité (106) n’est pas ainsi. Des hommes combattirent à ses côtés le jour de Ṣiffîn sans obtenir la victoire (107), tandis que d’autres ne prirent pas part au combat et ne furent nullement délaissés, tel Saʿd ibn Abî Waqqâs (108) – le conquérant de l’Irak – qui ne combattit pas avec lui. De même, les partisans de Muʿâwiya (109) et les Banû Umayya (110) qui le combattirent ouvrirent (111) quantité de territoires aux dépens des mécréants, et Allah leur accorda la victoire.

De même, la parole : « Sois l’allié de qui l’allie et l’ennemi de qui lui est hostile » va à l’encontre des fondements de l’islam ; en effet, le Coran affirme que, même s’ils s’affrontent et que l’un d’eux commet une injustice, les croyants demeurent frères. Allah – Très-Haut – dit : « Si deux groupes de croyants se battent, réconciliez-les ; puis, si l’un d’eux se montre injuste envers l’autre, combattez le groupe rebelle jusqu’à ce qu’il se conforme à l’ordre d’Allah. S’il s’y conforme, réconciliez-les avec équité et soyez justes, car Allah aime ceux qui pratiquent la justice. Les croyants ne sont que des frères ; réconciliez donc vos deux frères. » (Sûrat al-Ḥujurât 49 : 9-10). Comment le Prophète ﷺ pourrait-il alors dire, à propos d’un seul membre de sa communauté : « Ô Allah, sois l’allié de qui l’allie et l’ennemi de qui lui est hostile » (112), alors qu’Allah a déjà annoncé qu’Il est le Protecteur des croyants, que les croyants sont mutuellement alliés et qu’ils restent frères même s’ils se combattent et que les uns transgressent contre les autres ?

(99) On rapporte de lui une version à chaîne interrompue. Voir Ibn Qudama, al-Mughni, 11/227. (100) Abd Allah b. Masud al-Hudhali, Abu Abd al-Rahman, compte parmi les premiers convertis et les plus grands savants des compagnons ; ses mérites sont innombrables. Il mourut à Médine en 32 H, ou l’année suivante selon une autre opinion (al-Taqrib, p. 323). (101) Ibn Qudama, al-Mughni, 11/227-228 ; al-Khattabi, Maalim al-Sunan (en marge du Sunan d’Abu Dawud), 2/729, Livre du talaq, chapitre sur l’idda de la femme enceinte. (102) Parmi les témoignages, le récit qu’al-Bukhari rapporte dans son Sahih, 5/2037 (nos 5012-5014), Livre du talaq, chapitre « Et les femmes enceintes, leur terme est qu’elles accouchent », d’après Sabia al-Aslamiyya : « Le Prophète ﷺ m’a autorisée, aussitôt après mon accouchement, à me remarier. » Muslim rapporte aussi l’histoire complète (Sahih, Livre de l’allaitement, chap. Fin de l’idda de la veuve par l’accouchement, 2/1122, no 1484). (103) Abu al-Sanabil b. Ba'kak b. al-Harith al-Qurashi – son prénom serait Umar selon certains –, compagnon bien connu (al-Taqrib, p. 646). (104) Le texte cité se trouve chez Ahmad, Musnad, 1/447. Al-Haythami remarque : « Ses transmetteurs sont ceux du Sahih. » Il figure aussi chez al-Bayhaqi, al-Sunan al-Kubra, 7/429. Voir le commentaire précédent. (105) Sabia bt. al-Harith al-Aslamiyya, épouse de Sa'd b. Khawla, est une Compagnonne (al-Taqrib, p. 748). (106) L’expression « fa-inna al-waqi' » apparaît en marge du manuscrit. (107) J’observe qu’Ali, tout près d’une victoire militaire à Siffin, accepta l’arbitrage du Livre de Dieu lorsqu’il y fut convié et interrompit le combat, estimant – selon ses propres mots : « Tout le Livre de Dieu plaide pour moi » – qu’il atteindrait son objectif par l’arbitrage plutôt que par l’épée. Cet arbitrage ayant échoué, la rébellion des kharijites et le découragement d’une partie de son armée l’empêchèrent ensuite de marcher sur la Syrie pour l’intégrer au califat. Il est donc probable que, lorsque Shaykh al-Islam parle d’« absence de victoire », il vise l’incapacité d’Ali à réaliser ce but politique, non une défaite militaire : aucune bataille perdue ne lui est connue. Quant à ceux qui ne combattirent pas, tel Sa'd b. Abi Waqqas, ils agirent selon leur propre ijtihad ; on ne saurait en déduire qu’ils voulurent abandonner Ali. Personne ne doute qu’Ali était plus proche de la vérité que Mu'awiya, comme le montre le hadith de Ammar. Lorsque Shaykh al-Islam affirme que Mu'awiya et ses partisans remportèrent des conquêtes sans soutenir Ali, il faut comprendre que leur préoccupation première était le qisas pour le sang d'Othman ; ils n’étaient pas mus par l’hostilité à l’égard d'Ali et demeuraient ses frères croyants. Ils agissaient selon un ijtihad qui, dans tous les cas, leur vaut une récompense, et ils aimaient Ali, comme l’atteste le hadith authentique : « Par Celui qui fend le grain et crée l’âme, le Prophète m’a recommandé : seul un croyant m’aime et seul un hypocrite me hait » (Muslim, 1/64, Livre de la foi). Le Coran les qualifie d’ailleurs de croyants : « Si deux groupes de croyants se combattent… » Il n’existe donc pas de contradiction véritable entre ce hadith et la réalité historique, d’autant qu’une partie seulement du récit est authentique (cf. p. 20-21). (108) L’auteur évite ici l’expression « ils l’ont abandonné » et écrit plutôt « ils n’ont pas combattu avec lui », car Sa'd rapporte, dans les deux Sahih et ailleurs, plusieurs hadiths en faveur d'Ali et lui avait prêté allégeance. Il se retira néanmoins du conflit en déclarant : « Apportez-moi une épée dotée d’yeux et de lèvres qui me dise : “Celui-ci est musulman, celui-là est mécréant.” » (109) Le fils d'Abu Sufyan (Mu'awiya). (110) Sous le règne des Banu Umayya, le djihad remporta, comme à l’époque du Prophète ﷺ et des califes bien guidés, de nombreuses victoires. Ils ne triomphèrent cependant pas à Siffin – seule bataille qui les opposa à Ali – et auraient probablement été défaits si Ali n’avait suspendu le combat lorsqu’ils demandèrent l’arbitrage. (111) Le manuscrit porte « wa fatahu » (« et ils ont conquis »). (112) En effet, seul un croyant l’aime et seul un hypocrite le hait, à l’instar de ce qui est rapporté pour les Ansar : « Le signe de la foi est l’amour des Ansar, et le signe de l’hypocrisie est leur haine » ; ou encore : « Nul n’aime les Ansar sinon un croyant et nul ne les hait sinon un hypocrite… » Al-Bukhari, Livre des mérites des Ansar, chap. L’amour des Ansar fait partie de la foi, 3/1379, nos 3572-3573.
نصوص عن النبي ﷺ توافق قول من نازعه، كالمتوفى عنها زوجها وهي حامل، فإن عليا ﵁ أفتى أنها تعتد أبعد الأجلين (٩٩) ، وعمر وابن مسعود (١٠٠) ﵄ وغيرهما أفتوا بأنها تعتد بوضع الحمل (١٠١) ، وبهذا جاءت السنة (١٠٢) . وسئل النبي ﷺ وكان أبو السنابل (١٠٣) يفتي بمثل قول علي ﵁ فقال النبي ﷺ: [٤/ب] ((كذب أبو السنابل قد حللت فانكحي)) (١٠٤) قوله لسبيعة الأسلمية (١٠٥) لما سألته عن ذلك. وقوله: ((اللهم انصُر من نصره، واخذل من خذله)) خلاف الواقع؛ فإن الواقع (١٠٦) ليس كذلك، بل قاتل معه أقوام يوم صفين فما انتصروا (١٠٧) ، وأقوام لم يقاتلوا معه فما خذلوا كسعد ابن أبي وقاص (١٠٨) الذي فتح العراق لم يقاتل معه، وكذلك أصحاب معاوية (١٠٩) وبني أمية (١١٠) الذين قاتلوه فتحوا (١١١) كثيرا من بلاد الكفار ونصرهم الله تعالى. وكذلك قوله: ((والِ من والاه، وعادِ من عاداه)) مخالف لأصول الإسلام؛ فإن القرآن قد بين أن المؤمنين مع اقتتالهم وبغي بعضهم على بعض هم إخوة مؤمنون كما قال تعالى: ﴿وإن طائفتان من المؤمنين اقتتلوا فأصلحوا بينهما فإن بغت إحداهما على الأخرى فقتلوا التي تبغي حتى تفيء إلى أمر الله فإن فاءت فأصلحوا بينهما بالعدل وأقسطوا إن الله يحبُّ المقسطين. إنما المؤمنون إخوة فأصلحوا بين أخويكم﴾ [الحجرات ٩، ١٠] فكيف يجوز أن يقول النبي ﷺ للواحد من أمته: ((اللهم وال من والاه وعادِ من عاداه)) (١١٢) والله تعالى قد أخبر أنه ولي المؤمنين والمؤمنون أولياؤه وأن بعضهم أولياء بعض، وأنهم إخوة وإن اقتتلوا وبغى بعضهم على بعض.
(٩٩) روي عنه بوجه منقطع. (المغني ١١/٢٢٧) . وانظر أيضاً: التمهيد (فتح البر في الترتيب الفقهي لتمهيد ابن عبد البر) ترتيب المغراوي ١٠/٥٩١ كتاب الطلاق، باب عدة الوفاة تنتهي بوضع الحمل. (١٠٠) عبد الله بن مسعود الهُذَلي، أبو عبد الرحمن، من السابقين الأولين، ومن كبار العلماء من الصحابة، مناقبة جمة، مات سنة اثنتين وثلاثين، أو في التي بعدها بالمدينة. (التقريب ص٣٢٣) . (١٠١) ابن قدامة: المغني ١١/٢٢٧، ٢٢٨، والخطابي: معالم السنن بهامش سنن أبي داود ٢/٧٢٩ كتاب الطلاق، باب في عدة الحامل. (١٠٢) منها ما أخرجه الإمام البخاري في صحيحه ٥/٢٠٣٧ (٥٠١٢، ٥٠١٣، ٥٠١٤) كتاب الطلاق باب ﴿وأولات الأحمال أجلهن أن يضعن حملهن﴾ من حديث سبيعة الأسلمية. ومنها: ((أفتاني النبي ﷺ إذ وضعتُ أن أنكح)) . مسلم:الصحيح، كتاب الرضاع، باب انقضاء عدة المتوفى عنها زوجها بوضع الحمل ٢/١١٢٢ رقم ١٤٨٤ القصة بطولها. (١٠٣) أبوا السنابل بن بَعْكَك بن الحارث القرشي، قيل اسمه: عمر، وقيل غير ذلك، صحابي مشهور (التقريب ص٦٤٦) . (١٠٤) أخرجه باللفظ الذي ساقه المصنف أحمد في مسنده ١/٤٤٧. قال الهيثمي - بعد أن ذكر هذا الحديث -: ((ورجاله رجال الصحيح)) . وأخرجه أيضاً الإمام البيهقي في السنن الكبرى ٧/٤٢٩. وانظر التعليق السابق. (١٠٥) سُبيعة بنت الحارث الأسلمية، زوج سعد بن خولة، لها صحبة. (التقريب ص٧٤٨) . (١٠٦) قوله ((فإن الواقع)) في الأصل بالهامش. (١٠٧) قلت: كان علي ﵁ قريبا من الانتصار العسكري في صفين، لكنه نزل على تحكيم كتاب الله لما دُعي إليه، وأوقف الحرب، لأنه يرى أو كما قال بعد ذلك: ((وكتاب الله كله لي)) أي يحكم لي. فيرى أنه سيحقق ما يريد عن طريق التحكيم بدلا من القتال، لكن التحكيم فشل ولم يخرجوا منه بالنتيجة التي أرادوها منه. ولم يتمكن بعد ذلك من غزو الشام وإدخالها في الجماعة والبيعة، بسبب ظهور الخوارج ودخول الوهن على بعض جيشه. ويبدو أن الذي يعنيه شيخ الإسلام بعدم الانتصار هو عدم تحقيق الهدف الذي أراده الخليفة علي ﵁ من غزو الشام وهو إدخاله ضمن خلافته. أما المعروف عن علي ﵁ فإنه لم يَخِبْ في أي معركة دخلها، ولم يُهزم في معركة قط. وأما الذين لم يدخلوا المعركة أصلا كسعد بن أبي وقاص فذلك بناء على اجتهاده ﵁، ولا نستطيع أن نقول إنه أراد بذلك خذل عليّ ﵁، فكيف يترتب عليه خذله ﵁. ولا يشك أحد منا أن عليا ﵁ كان أقرب إلى الحق من معاوية ﵁ بدليل حديث عمار. وهذا الذي قاله شيخ الإسلام بأن معاوية وأصحابه انتصروا وفتحوا البلاد مع أنهم خذلوا عليا يقال بأن أصحاب معاوية ما أرادوا ذلك وإنما كان همهم شيئاً آخر وهو القصاص، والذي جعلهم يقاتلونه ﵁ أمر خارجي وليس بغضه، فهذا اجتهاد منهم، وهم على اجتهادهم مأجورون، بل كانوا يحبونه بدليل حديث صحيح مروي عن علي أنه قال: ((والذي فلق الحبة، وبرأ النسمة إنه لعهد النبي إليّ أن لا يحبني إلا مؤمن ولا يبغضني إلا منافق..)) صحيح مسلم ١/٦٤ من الجزء الثاني كتاب الإيمان باب حب علي من الإيمان، وبلا شك فهم كانوا مؤمنين وقد وصفهم الله ﷿ بذلك في كتابه: ﴿وإن طائفتان من المؤمنين اقتتلوا..﴾ . وبهذا ظهر الأمر جليا أن معاوية ومن معه رضوان الله عليهم أجمعين لم يكن قتالهم ناشئاً من العداوة، وإنما ذلك من أجل القصاص لدم عثمان ﵁، وإلا فهم كانوا يوالونه موالاة المؤمنين بعضهم لبعض ولم يكونوا يعادونه لا قبل تلك المعارك ولا بعدها. فإذا كان الأمر كذلك فلا معارضة إذاً بين الحديث والواقع، علماً بأن الحديث لم يصح بجميع أجزائه، وإنما صح منه بعض الأطراف دون غيرها. وقد سبق بيان ذلك ص٢٠،٢١. (١٠٨) هنا تجنب المؤلف أن يقول: ((خذلوه)) وقال: ((لم يقاتلوا معه)) لأن سعداً جاء عن النبي ﷺ من طريقه أحاديث في فضل علي في الصحيحين وغيرهما، ويعتبر مبايعا له، ولكن توقف عن نصرته لأنه لا يرى القتال بين المسلمين، وصح عنه قوله: ((ائتوني بسيف له عينان وشفتان يقول هذا مسلم وهذا كافر)) أو كما قال. (١٠٩) ابن أبي سفيان. (١١٠) بنو أمية في دولتهم انتصروا في الجهاد في سبيل الله كمن سبقهم من الخلفاء الراشدين والنبي ﷺ. لكنهم أيضاً لم ينتصروا في صفين وهي الحرب الوحيدة مع علي رضي الله عنه، بل كادوا أن يُهزموا فيها لولا أن عليا أوقف القتال عندما طلبوا منه تحكيم الكتاب بينهم. (١١١) في الأصل ((وفتحوا)) . (١١٢) وذلك لأنه لا يحبه إلا مؤمن ولا يبغضه إلا منافق، مثل ما ورد ذلك في الأنصار: ((آية الإيمان حب الأنصار، وآية النفاق بغض الأنصار)) وفي لفظ آخر: ((الأنصار لا يحبهم إلا مؤمن، ولا يبغضهم إلا منافق ... )) البخاري: كتاب مناقب الأنصار باب حب الأنصار من الإيمان ٣/١٣٧٩ رقم ٣٥٧٢، ٣٥٧٣.

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