Ces derniers ont bel et bien affirmé la toute-puissance, la Volonté et l’acte créateur divins, mais ils ont manqué de reconnaître pleinement Sa miséricorde, Sa sagesse et Sa justice. Quant aux premiers, ils ont certes admis une part de sagesse et de justice, mais ils se sont eux aussi montrés déficients à cet égard, tout en étant défaillants dans l’affirmation de la toute-puissance, de la Volonté et de la création, alors même qu’aucun des deux camps ne nie les commandements ni les interdictions de la Loi révélée.
Cependant, les extrémistes du premier camp ont écarté de leur propre chef bien des prescriptions et des prohibitions apportées par la Sharîʿa, sous prétexte : « Cela contredit la sagesse intelligible », à l’exemple d’Iblîs et des siens. Les extrémistes du second camp, pour leur part, ont également repoussé les ordres et les interdictions, en déclarant – comme l’avaient dit les polythéistes : « Si le Tout-Miséricordieux l’avait voulu, nous ne les aurions pas adorés. » Or le reniement d’Iblîs est plus grave encore ; c’est pourquoi l’innovation de ces premiers reste plus proche de la Sunna et de la Communauté.
Les choses que les âmes et les cœurs aiment par leur disposition naturelle constituent le maʿrûf (le bien reconnu), tandis que celles qu’ils abhorrent constituent le munkar (le blâmable). En effet, la connaissance (maʿrifa) est une perception accompagnée d’amour, alors que la réprobation (inkâr) est une perception assortie d’aversion. Ce qui n’est absolument pas perçu n’est ni reconnu ni réprouvé, et ce qui n’est en aucune façon ni aimé ni haï ne saurait davantage être reconnu ou réprouvé. Ainsi, lorsqu’on rapporte une parole à un homme et qu’il la rejette par ignorance