3 – L’intellect (le cœur) :
Le cœur saisit aussi bien ce qui est perçu que ce qui est entendu ; il lui faut donc comprendre ce qu’Allah a ordonné et annoncé, tout comme il doit comprendre ce que nous voyons et ressentons. Il embrasse ainsi le monde sensible et l’invisible, fixant la connaissance de manière globale, solidement enracinée dans l’âme.
Cependant, l’affirmation des premiers – selon laquelle la raison discerne, dans la beauté ou la laideur d’un acte, la convenance qu’il renferme – est dénuée de fondement ; tout aussi infondée est l’affirmation des seconds voulant que la Loi introduise une beauté ou une laideur dépourvue de toute convenance. Les premiers n’ont rejeté cette convenance que parce qu’ils voulaient attribuer au Seigneur quelque chose de l’ordre de ce qu’ils saisissent chez les créatures ; ils ont donc nié, à Son propos, aussi bien la convenance que la dissonance. Les seconds, pour leur part, ont voulu établir une Loi pure, fondée sur la seule volonté, sans convenance ni dissonance. Ainsi, les deux groupes ont nié la réalité de l’amour d’Allah et de Sa satisfaction pour les actes vertueux, ainsi que de Sa détestation envers ceux qui s’en rendent coupables. C’est précisément ce que ces écoles expriment, à notre sujet, par les termes de convenance et de dissonance ; si elles se sont égarées, c’est à cause de la part de jahmisme qu’elles portent en elles.
De là vient que les premiers, en plus de nier ces attributs divins, ont nié le décret – c’est-à-dire l’universalité de Sa puissance, de Sa volonté et de Sa création – tandis que les seconds ont nié les convenances et les beautés contenues dans les commandements et les interdictions de la Loi révélée ; ils ont également nié la sagesse et la miséricorde inhérentes à Sa création et à Sa volonté.