rattachement de l’acte à l’injonction ou à la défense. Il n’est pas tout à fait dans l’erreur lorsqu’il fait dépendre la question de l’accord ou de la répulsion naturels, ainsi que du degré de perfection ou de carence de celui qui les possède ; toutefois, il se méprend en pensant que la beauté et la laideur saisies par la raison procèdent de là. Ni l’un ni l’autre, du reste, n’a fauté complètement, car la beauté et la laideur — celles que l’on appréhende par les sens, par l’intellect ou par la Loi, par la vue, la réflexion ou le récit, par ce qui est notoire au grand jour comme à l’intérieur, par l’analogie rationnelle comme par l’injonction légale — relèvent originellement d’une seule et même réalité ; chacune de ces voies les fait connaître, établit par l’une ce que l’autre ne permet pas de saisir, et inversement.
[Les trois voies de la connaissance] :
Ces trois voies — l’ouïe, la vue et l’intellect — sont les chemins qui mènent au savoir.
[1 - La vue] :
La vue — c’est-à-dire ce qui se donne à voir, au‐dedans comme au‐dehors — discerne, dans ces mouvements et ces volontés, la convenance ou la dissonance, ainsi que l’utilité ou le préjudice immédiat qu’ils comportent.
[2 - L’ouïe] :
Quant à l’ouïe — autrement dit la révélation d’Allah et ce qu’Il a fait descendre — elle informe de ce que l’observation directe ne peut atteindre : l’avantage ou le tort que ces actes engendrent dans la demeure dernière.
La plénitude de la religion réside donc dans la fitra et dans le respect de sa mesure, non dans son altération ou sa déformation. Tout nouveau-né, en effet, naît sur la fitra ; Allah a créé Ses serviteurs comme des hanîfs (portés au monothéisme pur), puis les démons les ont détournés, leur ont rendu illicite ce qu’Allah leur avait rendu licite et leur ont ordonné d’associer à Lui ce pour quoi Il n’a fait descendre aucune preuve. C’est ainsi qu’Allah nous en a informés, par la bouche de Son Messager, dans le hadith authentique rapporté par Muslim.
Par leur nature première, ils aiment Allah seul et aiment consommer les bonnes choses dont ils ont besoin, et l’amour suit la perception et le ressenti. Ce qu’il y a dans leur fitra de sensibilité et d’élan vers l’adoration de leur Créateur — aidés en cela par les subsistances agréables qu’Il leur accorde — constitue l’aspect de beauté propre aux actes vertueux, qu’ils soient ordonnés ou simplement permis. Tout cela est beau, en raison de cette harmonie et de cet amour dans lesquels ils ont été créés. Ce qui, de ces réalités, relève du monde visible est saisi par l’observation et la sensation ; ce qui appartient à l’invisible est connu par l’ouïe, c’est-à-dire par la révélation apportée par les messagers.