– la mort, la surdité ou la mutité, par exemple – ils rétorquent : « Cela ne vaudrait que s’Il était susceptible d’une telle chose. » Or cette échappatoire ne fait qu’aggraver la corruption de leur propos.
Il en va de même de ceux qui leur ressemblent – ceux qui déclarent : « Il n’est ni à l’intérieur du monde ni à l’extérieur. » Lorsqu’on leur objecte que cela est, par nécessité rationnelle, impossible – tout comme il serait contradictoire de dire : « Il n’est ni éternel ni créé, ni nécessaire ni contingent, ni subsistant par Lui-même ni subsistant par un autre » – ils répondent : « Une telle contradiction ne se poserait que s’Il était susceptible de ces deux contraires ; or cette susceptibilité n’appartient qu’à ce qui occupe un lieu (mutahayyiz). Dès lors que la localisation est exclue, la réception de ces deux contraires l’est également. »
On leur dira alors : la certitude qu’ont les créatures qu’il est impossible d’échapper à l’un des deux contraires est une science absolue, sans exception pour aucun existant. Quant à la « localisation » que vous mentionnez, si par là vous entendez que les espaces créés L’enveloppent, c’est ce qu’on appelle être « dans le monde » ; mais si vous visez le fait qu’Il est séparé des créatures, distinct et différent d’elles, c’est là ce qu’on nomme être « hors du monde ».
Ainsi, le terme « localisé » vise tantôt ce qui est à l’intérieur du monde, tantôt ce qui en est à l’extérieur.