[Deuxième point]
De plus, tout être existant peut recevoir ces attributs aussi bien que leurs contraires, car Dieu est capable de faire qu’un corps inanimé devienne vivant, comme Il fit de la houlette de Moïse une créature vivante qui engloutit cordes et bâtons.
[Troisième point]
Par ailleurs, celui qui n’admet pas que ces qualités puissent lui être attribuées est plus imparfait encore que celui qui les admet tout en les accompagnant de leurs contraires. En effet, l’objet inerte auquel on n’attribue ni vue ni cécité, ni parole ni mutisme, est plus déficient qu’un être vivant, fût-il aveugle et muet.
Dès lors, affirmer que le Créateur ne saurait jamais se voir qualifier par de telles propriétés revient à Lui imputer une déficience plus grave encore que si on Le disait muet, aveugle ou sourd. Pire, Lui refuser même la possibilité de ces attributs, c’est Le comparer aux choses inertes incapables de recevoir l’un ou l’autre de ces qualificatifs ; c’est donc une assimilation aux objets inanimés, non aux êtres vivants. Comment, dès lors, celui qui tient ce propos peut-il reprocher à autrui un prétendu anthropomorphisme ?
[Quatrième point]
Enfin, la négation même de ces attributs constitue un défaut, tandis que leur affirmation est une perfection. La vie, en soi, sans considérer le sujet auquel elle se rapporte, est un attribut de perfection. Il en va de même pour la science, la puissance, l’ouïe, la vue et la parole.