De même, affirmer qu’Il ne parle pas ou qu’Il ne descend pas n’est en rien un motif d’éloge ni de perfection ; pareilles descriptions L’assimilent plutôt aux êtres déficients ou aux choses inexistantes. En réalité, certains de ces « attributs » ne siéent qu’à l’inexistant, d’autres uniquement à ce qui est inerte ou imparfait.
Ainsi, celui qui déclare : « Il n’est ni distinct du monde ni inclus en lui » se place au même rang que celui qui dirait : « Il n’existe ni par Lui-même ni par un autre, Il n’est ni éternel ni créé, ni antérieur à l’univers ni concomitant à lui. »
[Conséquence : nier un attribut de perfection équivaut à attribuer à Dieu l’attribut contraire]
Et quiconque prétend : « Il n’est ni Vivant, ni Entendant, ni Voyant, ni Parlant » doit, par cohérence, Le qualifier de mort, sourd, aveugle et muet.
[Objection]
On pourrait objecter : « La cécité n’est que la privation de la vue chez un être capable de voir ; pour ce qui ne peut voir, comme un mur, on ne dit ni qu’il est aveugle ni qu’il est voyant. »
[Réfutation en plusieurs points : premier point]
Nous répondons : « Il ne s’agit là que d’une convention que vous avez adoptée ; car tout ce à quoi l’on refuse vie, ouïe, vue et parole peut tout aussi bien être qualifié de mort, de sourd, d’aveugle, de muet et d’inarticulé. »