Se prononcer sans nuance, à son sujet, et affirmer qu’elle est un corps ou qu’elle ne l’est pas requiert d’abord quelques distinctions, car le terme al-jism (« corps ») reçoit, chez les différents auteurs, plusieurs acceptions techniques qui ne se confondent pas avec son sens courant.
Les lexicographes expliquent qu’al-jism désigne al-jasad et al-badan, c’est-à-dire le corps matériel, la masse charnelle. Dans cette acception, l’esprit n’est donc pas un corps ; c’est pourquoi ils opposent volontiers « l’esprit et le corps », comme dans cette parole d’Allah : « Lorsque tu les vois, leurs corps te séduisent, et lorsqu’ils parlent, tu prêtes l’oreille à leurs paroles » (Coran 63 : 4), et encore : « Il lui donna surabondance en savoir et en stature corporelle » (Coran 2 : 247).
Quant aux théologiens spéculatifs, certains soutiennent que le corps est tout ce qui existe, d’autres qu’il est ce qui subsiste par soi, et d’autres encore qu’il est le composé d’atomes indivisibles.