ou comme l’un de ses attributs ; ainsi, certains soutiennent qu’il s’agit de la nafs (le souffle vital), ou d’un vent qui va et vient dans le corps ; d’autres affirment que c’est la vie elle-même, le tempérament, voire le corps tout entier.
D’autres encore, parmi les écoles philosophiques, la décrivent à l’aide des mêmes qualificatifs qu’ils attribuent à l’Être nécessaire selon leur doctrine, c’est-à-dire des caractéristiques qui, en réalité, ne sauraient convenir qu’à ce dont l’existence est impossible. Ils disent qu’elle n’est ni à l’intérieur du corps ni à l’extérieur, ni séparée de lui ni mêlée à lui, ni en mouvement ni au repos ; qu’elle ne s’élève ni ne s’abaisse ; qu’elle n’est ni substance corporelle ni accident. Ils prétendent aussi qu’elle ne saisit pas les choses particulières et les réalités concrètes extérieures, mais seulement les notions universelles et absolues. Ils vont jusqu’à dire qu’elle n’est ni dans le monde ni hors du monde, ni distincte de lui ni pénétrant en lui. Parfois même, ils affirment qu’elle n’est contenue dans aucun corps de l’univers ni située en dehors d’eux ; or, comme ils définissent le « corps » par tout ce qui peut être désigné du doigt, ils la décrivent ainsi comme impossible à montrer, multipliant les attributs négatifs qui la ramènent au néant et à l’inconcevable.