L’être humain éprouve intérieurement la différence qu’il y a entre la négation et l’affirmation, entre le fait de tenir pour vrai ou pour faux, entre l’amour et la haine, l’incitation et l’interdiction. À tel point que la distinction entre cette catégorie de propos et l’autre est connue aussi bien des gens du commun que des spécialistes, de tous les savants qui s’expriment dans les diverses disciplines. Les juristes, par exemple, la mentionnent dans le Livre des Serments ; ceux qui classent le discours — logiciens, grammairiens et rhéteurs — l’évoquent également : ils enseignent que la parole se divise en deux genres, l’énoncé informatif et l’énoncé performatif. L’informatif oscille entre affirmation et négation, tandis que le performatif consiste en commandement, interdiction ou permission.
[Ce qui incombe au serviteur quant à l’unicité d’Allah]
Dès lors, le serviteur doit affirmer pour Allah tout ce qu’il convient de Lui attribuer comme qualités de perfection, et nier à Son sujet tout ce qui contredit ces attributs. S’agissant de Ses jugements, il lui faut reconnaître à la fois Sa création et Son ordre : croire à Sa création, qui atteste la perfection de Sa puissance et l’universalité de Sa volonté ; affirmer Son ordre, qui expose ce qu’Il aime et agrée en matière de parole et d’action ; et croire à Sa Loi comme à Son décret d’une foi exempte de toute déviation.