ni l’autre, et le fait qu’il s’abstienne d’affirmer l’un des deux dans la réalité n’empêche nullement que l’un d’eux s’y réalise effectivement ; cela relève seulement de l’ignorance de l’ignorant ou du mutisme de celui qui se tait et ne rend pas compte des réalités.
Or, si ce qui n’admet ni l’existence ni l’inexistence est d’une impossibilité plus grande que ce dont on conçoit qu’il puisse admettre l’une et l’autre – quand bien même on les lui nie –, alors tout ce qu’on suppose ne pouvoir recevoir ni la vie ni la mort, ni la science ni l’ignorance, ni la puissance ni l’impuissance, ni la parole ni le mutisme, ni la cécité ni la vue, ni l’ouïe ni la surdité, est plus proche du néant et de l’impossible que ce qu’on estime apte à les recevoir, même si on les lui refuse. Dès lors, nier ces états tout en reconnaissant la capacité de les recevoir est plus conforme à l’être et au possible ; et tout ce qu’il est concevable d’attribuer, comme potentialité, à l’Être nécessaire devient pour Lui obligatoire, puisque Ses attributs ne dépendent d’aucun autre : si l’acceptabilité est possible pour Lui, elle devient nécessaire ; et si l’existence de l’attribut accepté est possible, son existence devient nécessaire.
Cette question a été développée ailleurs, où l’on a démontré qu’il est indispensable qu’Il soit qualifié par les attributs de perfection absolument exempts de toute déficience.
[Troisième aspect]
On lui dit encore : le fait que deux entités portent en commun certains noms ou attributs n’est pas l’anthropomorphisme (tashbîh) ou l’assimilation (tamthîl) que les preuves scripturaires et rationnelles ont récusés ; celles-ci n’ont rejeté que ce qui impliquerait qu’une créature partage avec le Créateur quelque chose qui Lui est propre, relevant de Son caractère nécessaire