de morts, un tour de langue couramment attesté chez les Arabes comme chez d’autres peuples.
[Deuxième aspect]
On t’objecte, en second lieu : ce qui n’est pas susceptible de recevoir la vie ou la mort, la cécité ou la vue – ou tout autre couple d’attributs opposés – est plus déficient que ce qui peut les recevoir. Ainsi, l’aveugle, qui demeure apte à retrouver la vue, est plus accompli que la chose inanimée, incapable de l’un comme de l’autre. Tu as donc fui la comparaison avec les êtres vivants, capables de perfection, pour finalement le décrire par les attributs des corps inertes qui, eux, ne les admettent jamais.
De plus, ce qui n’admet ni existence ni inexistence est encore plus impossible que ce qui les admet l’une et l’autre, plus impossible même que leur coexistence ou leur négation simultanée. La chose dont tu nies qu’elle puisse accepter l’existence ou l’inexistence s’avère donc plus impossible que celle dont tu nies simplement l’existence et l’inexistence. Or, si cette double négation répugne déjà aux esprits les plus clairs, ton hypothèse l’est davantage : tu fais de l’Être nécessaire, qui ne saurait se priver d’être, la plus impossible des impossibilités. C’est là l’ultime contradiction et la corruption la plus manifeste.
Parmi ces ésotéristes, certains proclament ouvertement l’abolition des deux contradictoires – l’existence et l’inexistence ; les abolir revient en réalité à les réunir. D’autres déclarent : « Je n’affirme ni l’un… »