Objection :
« On ne peut, dis-tu, nier simultanément deux contradictoires que lorsqu’ils sont susceptibles de s’appliquer au même sujet ; or ces deux attributs relèvent du couple “privation / disposition” et non de l’opposition “affirmation / négation”. Ainsi, d’un mur on ne dira ni qu’il est aveugle ni qu’il voit, ni qu’il est vivant ni qu’il est mort, puisqu’il n’est apte à aucune de ces qualifications. »
Réponse – premier point :
Nous te répondons, en premier lieu, que ce raisonnement ne tient pas pour l’existence et l’inexistence ; celles-ci se font face comme affirmation et négation, de l’avis unanime des esprits rationnels ; écarter l’une revient nécessairement à établir l’autre.
Quant à la distinction que tu proposes entre vie et mort, science et ignorance, elle n’est qu’une terminologie adoptée par les philosophes péripatéticiens (mashshâʾûn) ; or les conventions de langage ne sauraient abolir les vérités intelligibles. Allah – exalté soit-Il – a pourtant déclaré : « Ceux qu’ils implorent en dehors d’Allah ne créent rien ; eux-mêmes sont créés. Morts, dépourvus de vie, ils ne savent pas quand ils seront ressuscités » ; et Il les qualifie